Des politiques ont appelé TotalEnergie à plus de transparence sur ses marges, alors que les prix des carburants flambent. Les ministres Serge Papin et Sébastien Martin ont défendu le groupe.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:21 - Temps de lecture :

Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin. Photo Sipa/Firas Abdullah/JNA Press/Cover Images Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin. Photo Sipa/Firas Abdullah/JNA Press/Cover Images

« Je n’ai pas envie d’embêter Total », a déclaré mercredi sur BFM-RMC le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, interrogé sur l’appel de certains partis à plus de transparence sur les marges du géant des hydrocarbures ou à le taxer plus.

« Ce que je souhaite, c’est que Total continue pendant cette période de crise à plafonner son prix à 2,25 euros pour le gasoil et à 1,99 euro pour le sans-plomb », a-t-il assuré, évoquant le système de plafonnement des prix à la pompe mis en place par le géant pétrolier depuis mars. Actuellement, les prix dans les stations TotalEnergies sont plafonnés à 1,99 euro le litre d’essence et 2,25 euros le litre de gazole, alors qu’en moyenne le prix du gazole a atteint dimanche 2,41 euros en France, un record.

Sébastien Martin exclut un plafonnement généralisé des prix

En parallèle, sur Public Sénat, mercredi matin, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a exclu l’idée d’un plafonnement généralisé : « en France, Total vend à perte. Si nous (bloquons les prix pour tout le monde), la petite station-service qui est en milieu rural, qui ne fait pratiquement pas de marge, et à qui vous allez dire "demain, vous vendez à perte", qu’est-ce qu’elle fait ? Elle s’arrête ». Interrogé sur une éventuelle taxation des profits de TotalEnergies, Serge Papin a ajouté ne pas avoir « envie de menacer Total ».

Le plafonnement, tel que pratiqué depuis cinq mois de manière discontinue, a déjà coûté, selon son PDG, Patrick Pouyanné, « entre 250 et 300 millions » d’euros au groupe français, qui a vu cette année son bénéfice doubler au premier semestre, à 11,2 milliards d’euros.

Le candidat à la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann, a accusé lundi sur France Info le gouvernement de « bloquer » l’initiative de certains pays européens, qui souhaitent taxer les superprofits réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient, estimant que l’exécutif « ne veut pas heurter monsieur (Patrick) Pouyanné, PDG de TotalEnergies. »

Le gouvernement assure ne pas bloquer la taxation des superprofits

« La France ne bloque pas cette initiative », a assuré mercredi sur la même antenne, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, rappelant que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait indiqué au printemps ne pas y être opposé. Sébastien Lecornu avait dit ne pas avoir « d’objection de principe » à ce type d’initiative, le 8 avril devant le Sénat.

Il réagissait à l’époque à l’initiative prise par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal) qui appelaient à taxer les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient, comme en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Sur BFM-RMC, Serge Papin s’est par ailleurs dit « favorable » à « un débat » sur les certifications d’économie d’énergie (CEE), destinées au financement de la transition énergétique, que certaines personnalités politiques accusent de surenchérir le prix du plein. « Il faudrait qu’il y ait une opération de transparence », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il était impossible de mettre fin aux CEE par décret.

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