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Le gouvernement du Yukon a présenté jeudi des excuses officielles aux élèves de l’école primaire Jack-Hulland et aux familles qui ont été affectés par l’utilisation de techniques d’isolement forcé et d’immobilisation à cet établissement de Whitehorse.
Ces excuses, lues à l’Assemblée législative par le ministre de l’Éducation, Scott Kent, font partie d’une entente conclue l’an dernier dans le cadre d’un recours collectif contre le gouvernement territorial.
Dans sa déclaration officielle, le ministre a reconnu le préjudice continu causé aux enfants et à leurs familles par le manque d'honnêteté, de transparence et de prise de responsabilité face à ce qui s'est passé à l’école.
Il a aussi indiqué que l'incapacité du ministère à reconnaître ses torts plus tôt a entravé le processus de guérison et de rétablissement, accablant les enfants et leurs familles pendant trop longtemps.
Le gouvernement du Yukon, et en particulier le ministère de l’Éducation, assume l’entière responsabilité et présente ses excuses sincères aux enfants et à leurs familles. Le gouvernement du Yukon leur demande pardon de ne pas avoir su protéger ces enfants.
Le recours collectif représentait d’anciens élèves qui disent avoir été immobilisés et mis en isolement de manière inappropriée entre janvier 2007 et juin 2022. La poursuite allègue qu’ils ont subi des préjudices psychologiques ayant mené à un trouble de stress post-traumatique et à un état dépressif.
Un procès était prévu l’an dernier, mai ils a été reporté pendant que les parties discutaient d’une possible entente.
Plus tôt jeudi, Carolyn Lewis-Shillington, sous-ministre adjointe des Écoles, a reconnu auprès de journalistes les graves préjudices survenus à l’école.
Nous reconnaissons que ce qui s’est passé était inacceptable. Nous assumons l’entière responsabilité et nous nous engageons à tirer des leçons de ces échecs, a-t-elle dit.
Elle a ajouté que le ministère a pris des mesures concrètes pour renforcer les politiques, la formation et la supervision, afin d’assurer la sécurité et la dignité de chaque élève.
Une ancienne responsable met en doute la sincérité des excuses
Donna Miller Fry, qui a été surintendante au ministère de l’Éducation à partir de 2021, dit avoir signalé à la GRC l’utilisation de techniques d’isolement forcé et d’immobilisation à l’école. Elle a aussi participé à un examen interne mené par le ministère sur ce qui s’y passait.
Après quatre années de procédures judiciaires, elle se dit soulagée que les victimes reçoivent des excuses, mais elle remet en question leur sincérité, puisqu’elles font partie d’un règlement.
Je suis convaincue que nous n’aurions pas eu d’excuses sans ces quelques familles très courageuses, ces défenseurs et ces six avocats qui ont travaillé d’arrache-pied sur ce recours collectif.
Selon elle, lorsque les allégations ont été rendues publiques, des responsables au ministère ont fait obstruction aux parents qui tentaient de savoir si leurs enfants avaient été touchés.
Le ministère ne donnait même pas accès aux dossiers permettant de savoir si leur enfant avait été victime d’abus ou non, a-t-elle affirmé.

L'école primaire Jack-Hulland, à Whitehorse
Photo : CBC / Isabella Calissi
Elle soutient aussi que les familles ont dû organiser elles-mêmes le soutien psychologique pour leurs enfants.
L’examen interne du gouvernement n’a jamais été dévoilé au public. Il a toutefois été rendu disponible à Annette King, à la tête du Bureau du défenseur de l’enfance et de la jeunesse, qui a mené sa propre enquête systémique en 2021. Son rapport de 68 pages (nouvelle fenêtre) (en anglais), intitulé I Am Not Okay, It's Not Okay (Je ne suis pas bien, ce n’est pas bien), a été présenté à l'Assemblée législative l'an dernier.
Dans ce rapport, elle a noté que des membres du personnel visés par l’enquête policière ont pu continuer à travailler et à avoir accès aux enfants.
L’enquête de la GRC, lancée en 2021, s’est terminée 3 ans plus tard sans accusations criminelles.
Donna Miller Fry espère que cette affaire mènera à des changements plus larges dans les lois sur l’usage de la force à l’école et que tout ça n'aura pas été pour rien.
Elle mentionne notamment l’article 43 du Code criminel, qui permet l’usage de la force par les instituteurs, pourvu que cette dernière ne dépasse pas la mesure raisonnable.
Selon elle, plusieurs Canadiens souhaitent une réforme du Code pour qu’aucun enfant ne puisse être blessé à l’école.
Avec les informations de Cali McTavish (nouvelle fenêtre)


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