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Cela fait 100 jours que l'épidémie d'Ebola sévit en République Démocratique du Congo. L'OMS, l'organisation mondiale de la santé, vient d'annoncer qu'elle avait déployé plus de 260 experts, acheminé plus de 330 tonnes de fournitures médicales et logistiques et alloué 5,6 millions de dollars pour financer les opérations d'urgence. Mais à l'heure actuelle, la situation ne s'arrange pas. Bien au contraire !
Une propagation hors de contrôle
Dans un communiqué, l'OMS indique que cette flambée est « devenue l'épidémie à la progression la plus rapide de l'histoire du pays ». Elle a, à ce jour, causé plus de 2500 décès.
Selon Julien Harneis, le coordinateur principal d'Ebola pour les Nations unies qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse à Genève, l'épidémie « progresse de façon exponentielle », la moitié des décès étant survenus au cours des 20 derniers jours. La zone concernée couvrirait désormais une surface « supérieure à celle de la France ».
The current Bundibugyo virus disease (BVD) is the largest Ebola disease outbreak ever recorded in the Democratic Republic of the Congo (DRC), irrespective of Ebola virus species. On 17 May 2026, WHO declared the Bundibugyo virus disease outbreak in the DRC and Uganda a Public… pic.twitter.com/UXO5AaC94g
— World Health Organization (WHO) (@WHO) August 21, 2026« Sa propagation dépasse la rapidité de notre réponse ; elle s'intensifie et s'étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a-t-il insisté.
En 2018-2020, la RDC avait déjà subi une épidémie d'Ebola considérée comme la plus meurtrière de son histoire, avec 2299 décès. En seulement trois mois, l'épidémie actuelle a nettement dépassé ces chiffres. Comment l'expliquer ?
Une convergence de facteurs aggravants
En fait, plusieurs facteurs concourent à la propagation du virus responsable de la maladie. D'abord, le virus en cause, appelé Bundibugyo, est moins fréquent et moins étudié que le « Zaïre ebolavirus » (le plus connu, appelé aussi « virus Ebola » ou EBOV) et que le « virus Soudan ». Actuellement, il n'y a ni vaccin ni traitement spécifique contre le Bundibugyo or, son taux de létalité peut aller jusqu'à 50 %.
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Ensuite, il existe des défis persistants liés à la situation sociale et géopolitique du pays : insécurité, déplacements de populations et difficultés d'accès aux zones touchées. Enfin, les moyens déployés notamment par l'OMS et les autorités sanitaires locales ne sont pas à la hauteur de l'urgence.
Ceux-ci se heurtent notamment à une défiance de la population liée à des suspicions envers l'État et les ONG, alimentées par des rumeurs selon lesquelles le virus aurait été créé artificiellement par des agents extérieurs.
Les protocoles mis en place pour sécuriser les enterrements sur le plan sanitaire bousculent par ailleurs fortement les rituels funéraires traditionnels et la relation aux morts, des pratiques profondément ancrées dans la population. Ce serait en partie pour cette raison que neuf volontaires de la Croix-Rouge ont été la cible d'agressions depuis le début de leur intervention.
L’OMS appelle à la mobilisation
Heureusement, les efforts scientifiques progressent avec la mise en place d'essais cliniques sur des traitements potentiels, l'évaluation de vaccins candidats et le déploiement du premier test moléculaire de diagnostic. De leur côté, les pays frontaliers s'organisent préventivement pour améliorer la détection et contenir les cas importés.
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« Les prochains mois seront cruciaux pour consolider les acquis des 100 premiers jours, combler les lacunes opérationnelles restantes et accélérer les efforts visant à détecter plus précocement les cas, interrompre la transmission du virus et sauver des vies », conclut l'OMS dans son communiqué. Et pour cela, des investissements continus, une mobilisation communautaire plus forte, ainsi qu'un accès sécurisé aux populations touchées seront plus que nécessaires...


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