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Depuis 1975 aux Aspres (Orne), la société Guérrée fait vivre un savoir-faire transmis du grand-père au père, et aujourd’hui au fils. Une histoire de famille et de confiance.
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Par Thomas Adam Publié le 6 mars 2026 à 8h58
Dans le coin, le nom Guérrée n’est pas inconnu. Installée aux Aspres (Orne) depuis plusieurs générations, la famille a laissé son empreinte dans le paysage local… Mais aussi sur les murs et les façades des habitants ! Tout commence en 1975. Alain Guérrée fonde son entreprise de peinture, alors ancrée dans le sous-sol de sa maison. 50 ans plus tard, son fils a repris l’affaire et son petit-fils y fait ses débuts. Rencontre.
50 ans de peinture et de rénovation
D’abord associé, Alain Guérrée reprend seul les rênes de l’entreprise en 1988 et développe progressivement son activité.
Peinture intérieure, revêtements muraux, moquette, parquet PVC, papier peint décoratif, ravalement extérieur… La société se spécialise depuis dans l’embellissement et la rénovation.
Le fils d’Alain, Yohann, se forme à son tour, entre L’Aigle et Mortagne. Il tente d’abord la fonction publique. « Ça ne me plaisait pas plus que ça », reconnaît-il. En 2001, il revient aux Aspres pour travailler aux côtés de son père.
Avec Maël, la 3e génération
En 2008, il reprend la gérance de l’entreprise. Une transition en douceur puisque « je ne suis pas parti du jour au lendemain », tient à souligner Alain, qui a accompagné la transmission avant de prendre sa retraite.
A 17 ans, Maël représente maintenant la troisième génération. Après le collège, pas question pour lui de s’orienter vers un lycée général.
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« Les cours ne m’intéressaient pas vraiment », admet le jeune homme. En revanche, les chantiers aux côtés de son père, oui.
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Il se lance alors en CAP, « avec papa », puis poursuit aujourd’hui en première année de brevet professionnel, toujours en apprentissage.
Une transmission déjà récompensée
Dans les effectifs de l'entreprise, on compte aussi un salarié fidèle depuis une trentaine d'années et un autre apprenti en formation, Brandon. Preuve que la transmission fait partie de l'ADN de la maison, une quinzaine d'apprentis ont déjà été formés ici.
Chez les Guerrée, l'apprentissage est donc une évidence. Début février, ce choix a d'ailleurs été salué.
Maël a été récompensé lors de la remise des prix de la Fondation du Jeune Apprenti. Son père, en tant que maître d'apprentissage, a lui reçu une médaille d'or.
Et l'aventure ne s'arrête pas là. Maël et Brandon préparent actuellement le concours régional des World Skills. « Il y a deux ans, j'avais fini 5e sur 12. Là, l'objectif c'est de décrocher la première place », lance Maël à ce sujet.
Travailler en famille, une force
« Je ne me vois pas faire autre chose », affirme Maël, qui dit avoir trouvé sa voie.
Travailler en famille pourrait sembler délicat. Pour les Guérrée, c’est tout l’inverse.
On arrive à scinder les deux. La vie de famille à la maison et la vie professionnelle ici. On ne parle plus de boulot à la maison. Les dossiers restent ici.
Le père et le fils partagent la même vision du métier. « C’est agréable d’aller chez les gens. On touche à la matière et chaque chantier est différent », développent Yohann et Maël.
Ils interviennent dans un rayon d’environ 30 kilomètres autour de la commune.
« Il n’a aucune obligation de reprendre la boîte »
Dernier axe de développement en date, le béton ciré. Une spécialité que Maël souhaite pousser davantage. Une manière d’apporter sa touche, tout en restant fidèle à l’esprit familial.
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Pour autant, aucune pression sur les épaules du jeune apprenti. « On verra », répond Maël au moment d’évoquer une éventuelle reprise de l’entreprise.
S’il a envie d’aller travailler ailleurs un jour, il le fera. Je lui ai dit, tu fais ce que tu veux, aucune obligation de reprendre la boîte.
Des mots qui font finalement écho à ceux qu’Alain lui avait adressés il y a plusieurs années.
Aucun impératif, non. A la place, de la liberté, une confiance mutuelle et une passion partagée.
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