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Des données du ministère de l’Éducation du Nunavut montrent une baisse du nombre d’incidents violents dans les écoles du territoire depuis 2022. Le syndicat des enseignants du Nunavut est toutefois d’avis qu’elles ne donnent pas un portrait juste de la situation.
Selon des données fournies par le Ministère, le nombre de signalements d’incidents violents est passé de 245 à 101 entre les années scolaires 2022-2023 et 2024-2025.
Cette proportion contraste avec les incidents violents qui ont été répertoriés, qui se chiffrent à plus de 1000, durant l’année scolaire 2019-2020, à la suite d’un reportage d’enquête de CBC.
Si les données du Ministère laissent penser à une baisse, le gouvernement du Nunavut souligne que les données doivent être interprétées avec prudence, puisqu’un système de suivi des incidents a été mis en place en 2022.
Ce système, dont l'élaboration a pris environ neuf ans, visait à obtenir un portrait plus juste de la situation dans l’ensemble du territoire dans le but d’orienter l’octroi de futures ressources pour contrer le problème.
Des comportements violents normalisés, selon le syndicat des enseignants
Le président de l'Association des enseignants du Nunavut (AEN), Justin Matchett, affirme que les données recueillies par le gouvernement depuis 2022 sont trompeuses, car le nombre d'incidents est bien supérieur à celui des signalements.
Le système de suivi actuel repose en grande partie sur le signalement volontaire des enseignants. Selon Justin Matchett, seuls les incidents majeurs sont signalés, tandis que les violences quotidiennes sont passées sous silence. Cela s’explique par le fait que les comportements violents sont normalisés en classe, dit-il.
C'est devenu tellement courant et partie intégrante du métier que certaines choses qui se passent à l'école ne sont plus considérées comme des actes de violence par nos membres, déplore-t-il. Les insultes sont pourtant une forme de violence.

Justin Matchett craint que les enseignants en poste ne soient surmenés en raison du manque de main-d'œuvre.
Photo : Radio-Canada / Carl Cardinal
Justin Matchett affirme que le syndicat reçoit beaucoup plus d'appels que ce que les statistiques reflètent.
Ces incidents sont si fréquents que les enseignants ne remplissent tout simplement pas le formulaire, d'une part, car ils pensent que rien ne changera et d'autre part parce que bon nombre d'enseignants n'ont pas le temps de s'en occuper. Ils sont surchargés de travail, stressés et épuisés.
Alors qu'il reste encore quelques mois avant la fin de l'année scolaire en cours, Justin Matchett affirme que le nombre d'incidents signalés cette année a déjà dépassé celui de l'année dernière.
D'après les échanges que nous avons avec nos membres, nous constatons une augmentation de la violence sous de nombreuses formes : verbale, raciste, physique, entre élèves ou envers les enseignants, dit-il.

L'école primaire Nakasuk au centre-ville d'Iqaluit.
Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson
Des données incomplètes, reconnaît le gouvernement territorial
Dans une déclaration écrite, le ministère de l’Éducation a indiqué qu'il ne jugeait pas les données trompeuses, mais qu’il reconnaissait qu’elles ne reflétaient pas pleinement la réalité dans les salles de classe et que le nombre réel d'incidents violents était probablement plus élevé que ce que montraient les données.
Le gouvernement du Nunavut affirme avoir élargi le soutien en santé mentale offert aux élèves, donné des formations en désescalade et augmenté les pratiques qui tiennent compte des traumatismes et qui sont adaptées aux réalités culturelles.
Il affirme également qu'il tente de simplifier les outils et les procédures de signalement, d'offrir une formation plus ciblée sur les incidents qui doivent être signalés et de trouver des solutions pour alléger la charge administrative des enseignants.
Il admet toutefois qu'une définition plus claire et cohérente de la violence est nécessaire pour garantir le signalement, tant des cas graves que des cas mineurs.
Avec les informations de Bianca McKeown


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