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La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui négocie depuis trois ans dans le but de renouveler son accord-cadre avec le gouvernement, change de stratégie.
Ses membres cesseront de bouder le Dossier santé numérique (DSN), qu'ils boycottaient depuis février. La décision a été prise en assemblée générale, jeudi soir dernier, mais l'annonce a été faite aux membres vendredi par courriel.
Il a été résolu de modifier la stratégie liée au DSN en reprenant notre participation afin de mieux dénoncer les dysfonctionnements et les problèmes liés à la technologie imposée, peut-on lire dans la communication signée par le président de la FMSQ, le Dr Vincent Oliva.

La FMSQ est présidée par le Dr Vincent Oliva. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Ce changement d'approche intervient dans un contexte où tout pointe vers un lot de problèmes à venir avec la solution technologique proposée, explique-t-il, disant craindre que le gouvernement soit tenté de faire des médecins spécialistes les boucs émissaires d'un échec ou d'un report de ce projet.
À cet égard, poursuit le Dr Oliva, les délégués présents à l'assemblée de jeudi dernier ont recommandé de reprendre notre implication, mais de noter et dénoncer tous les problèmes et les enjeux qui vont émerger.
En clair, nous remettons l’épaule à la roue, mais nous allons nous faire entendre, assure-t-il, ajoutant que les délégués avaient jugé que de mauvaises décisions pourraient être prises au détriment des patients en l’absence de contrepoids.
Un projet qui se fait attendre
Le DSN est un projet informatique qui vise à centraliser toutes les données cliniques des patients, y compris les rendez-vous et les prescriptions de médicaments. Son déploiement, toutefois, tarde à se matérialiser.
Un projet pilote devait d'abord permettre au DSN de se déployer dans deux établissements vitrines : le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et celui du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Des dépassements de coûts de 136 million de dollars, soit près de 50 % du budget prévu, ont toutefois été mis au jour par Radio-Canada en juin 2025.
Aux dernières nouvelles, le projet pilote devait se mettre en branle à compter du 9 mai prochain.
La FMSQ, dans un premier temps, avait décidé de bouder le DSN en réaction à la loi 2 de l'ex-ministre Christian Dubé, adoptée sous le bâillon, fin octobre. Ce boycottage avait toutefois été abandonné en chemin, le texte imposant l'arrêt de toute action concertée visant à réduire ou à ralentir l'activité professionnelle des médecins.
Ces dispositions ont depuis disparu dans la foulée de l'entente intervenue entre le gouvernement et les omnipraticiens pour renouveler leur propre accord-cadre, en décembre.
Le boycottage de l'enseignement considéré à nouveau
En votant pour renouer avec le DSN, les délégués de la FMSQ ont fait le choix d’agir de manière responsable afin de protéger le réseau, mais ils ont aussi décidé de maintenir la pression afin de faire valoir les droits de leurs membres, explique le Dr Oliva dans sa communication de vendredi.
Pour cette raison, la Fédération a voté jeudi pour demander aux médecins répondants et coordonnateurs des centres de répartition des demandes de service (CRDS) de quitter leurs fonctions, dans la mesure où ses membres, depuis deux semaines, ont cessé d'offrir des rendez-vous par l'intermédiaire de cette plateforme.
La FMSQ, qui a récemment mis en demeure Santé Québec de ne pas se mêler des négociations, entend en outre continuer de contester politiquement et juridiquement toute tentative de la société d'État de modifier unilatéralement les conditions de pratique des médecins spécialistes.
Le texte de la résolution adoptée jeudi, enfin, prévoit de donner le mandat à la Fédération d'adopter tout autre moyen d’action, incluant l’arrêt de l’enseignement et l’arrêt de la participation au Conseil numérique.
Les médecins spécialistes avaient cessé d'enseigner pendant six semaines, l'automne dernier. La loi 2, elle encore, les avait forcés à mettre ce moyen de pression en veilleuse.


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