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Des producteurs du Bas-Saint-Laurent font découvrir les saveurs du terroir en permettant à des voyageurs en véhicules récréatifs de passer une nuit sur leur terrain par l’entremise d'une plateforme web. Le concept existe depuis quelques années déjà, mais ces producteurs remarquent une grande attraction pour cette offre de service.
Si je le voulais, je serais occupée tous les soirs, affirme Rachel Lemire, cheffe cuisinière de métier, qui est hôtesse sur la plateforme Terego depuis trois ans. Elle accueille ainsi des voyageurs sur son terrain à L’Isle-Verte, et leur sert un souper cinq services, cuisiné à l’aide d’aliments du terroir qu’elle achète chez les producteurs des environs.

Rachel Lemire n’offre son service de restauration qu’aux voyageurs Terego en raison de la grande demande et de son emploi du temps.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Je leur fais découvrir des produits et ils peuvent ensuite aller les acheter.
La plateforme Terego, fondée en 2017 à Montréal par une mère et sa fille, a pour objectif de permettre aux voyageurs de faire des découvertes à saveur locale, selon la copropriétaire, Karine Morin. Les membres peuvent s'installer une nuit gratuitement chez un producteur. En échange, ils doivent acheter un produit offert sur le site. Les hôtes peuvent accueillir jusqu'à cinq véhicules récréatifs par nuit.
Rachel Lemire qualifie cette expérience de magique en raison des échanges et des rencontres qu’elle réalise d’été en été. On voit que les visiteurs veulent se rassembler. Je les reçois dans ma salle à manger et on peut parler de tout pendant des heures, confie-t-elle.
L’Isle-Vertoise explique que certains voyageurs décident même de revenir chez elle et parfois accompagnés.
J’ai reçu des gens la semaine dernière qui sont venus trois fois en trois ans.

Terego compte 21 sites au Bas-Saint-Laurent et plus de 500 sites à la grandeur du Canada.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Un tourisme qui encourage l'économie locale
Lors de la montée en popularité du camping en VR il y a quelques années, Tourisme Bas-Saint-Laurent s'est interrogé sur son degré de tolérance pour cette offre de service, explique le président-directeur général de l'organisme, Pierre Lévesque. On est à l'aise de permettre ce type d'hébergement pour 24 heures, tant qu'il y a un équilibre. C'est aux municipalités d'imposer leurs réglementations.

Pierre Lévesque est président-directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Pierre Lévesque ajoute que cette offre complémentaire aux campings apporte une certaine liberté aux vacanciers et leur permet de découvrir d’autres côtés de la région. Il faut être accueillant pour ces voyageurs qui passent dans notre région et qui laissent des retombées économiques importantes.
Selon une étude mandatée par l'Alliance de l'industrie touristique du Québec sur le portrait et l’accueil des voyageurs en véhicules aménagés au Québec, 61 % des dépenses des voyageurs en VR profitent directement aux commerces et aux entreprises touristiques locales.
L'étude, qui s'appuie notamment sur un sondage réalisé auprès de 1500 Québécois, démontre que les vacanciers voyageant en VR dépensent en moyenne 76 $ par personne par jour.
Pierre Lévesque souligne cependant que ce type de logement fait concurrence aux propriétaires de campings lorsqu'ils comptent plusieurs terrains vacants sur leur site.
À la rencontre des producteurs
On est venus ici l’an dernier et on a tellement aimé qu’on a décidé de repasser cet été avec des amis, avoue Nathalie Lafaille, discutant avec son conjoint et un couple d'amis lors de leur arrêt à L’Isle-Verte.

Nathalie Lafaille utilise les sites Terego et les sites de camping lors de ses voyages.
Photo : Radio-Canada / Roxane Tremblay
Le couple de Saint-Jean-sur-Richelieu, habitué des campings, a commencé à utiliser la plateforme Terego il y a quelques années. On aime beaucoup ce service, parce que ça nous fait découvrir des endroits où on ne se serait pas arrêtés, admet Nathalie Lafaille.
Jocelyn Robert, de son côté, apprécie particulièrement la découverte de milieux inconnus.
J’aime rencontrer des producteurs qui nous ouvrent leur maison pour nous présenter ce qu’ils cultivent, que ce soit des fermes agricoles, des vignobles ou des restaurants.

« Ça ne revient pas moins cher que d'aller sur un terrain de camping, mais on fait des découvertes du terroir », souligne Jocelyn Robert.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le vacancier ajoute qu’il demeure important pour lui d’encourager les hôtes qui les reçoivent gratuitement chez eux. Parfois, je dépense plus que prévu, mais j’ai la chance d’avoir des produits frais et locaux, dit-il.


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