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Chronique

auteur

Gilles Paris

Editorialiste au « Monde »

De la Syrie au Liban, en passant par Israël ou l’Arabie saoudite, les Etats-Unis font souvent comme les Européens au même endroit : ils déplorent, et personne ne les écoute, remarque, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 3 min.

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Donald Trump a gratifié le Moyen-Orient de l’honneur de sa première visite à l’étranger à chacun de ses deux mandats. Les raisons ne manquaient pas. Au rôle de garant de sécurité joué par Washington auprès de ses alliés traditionnels depuis la fin de la seconde guerre mondiale, réaffirmé après la première guerre du Golfe, en 1991, s’ajoutait pour le locataire de la Maison Blanche l’attrait des gigantesques fonds souverains des puissances pétrolières de la rive arabe du Golfe. Il y voyait une manne potentielle pour l’économie américaine comme pour les affaires familiales, dans un mélange des genres inédit pour un président des Etats-Unis.

Donald Trump n’est pas encore parvenu au milieu de son second mandat, mais il peut déjà mesurer l’effet de ses choix pour la région : il y est devenu inaudible. De la Syrie au Liban, en passant par Israël ou l’Arabie saoudite, la parole de Washington a perdu sa centralité de naguère. Désormais, les Etats-Unis font souvent comme les Européens au même endroit : ils déplorent, et personne ne les écoute.

C’est le cas de leur envoyé spécial pour la Syrie, Tom Barrack, lorsque l’Etat hébreu décide de bombarder, en août, une base militaire dans le nord du pays sans en avoir averti au préalable l’administration américaine. L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Mike Huckabee, s’était également indigné, le même mois, de la terreur que font régner des colons extrémistes en Cisjordanie, comme si Trump n’avait pas annulé, dès son retour à la Maison Blanche, des sanctions visant une poignée de ces sionistes religieux racistes et suprémacistes. Les cessez-le-feu annoncés par Washington n’ont pas plus de consistance que la majorité des messages publiés par le président des Etats-Unis sur son réseau social.

Il serait injuste d’attribuer à ce dernier l’unique responsabilité de cet affaissement américain, dont le début remonte à l’invasion désastreuse de l’Irak, en 2003. La gestion catastrophique par Washington des conséquences de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas, qui a enfermé la majorité des Israéliens dans un traumatisme exploité par le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, pour engager des guerres sans fin à la périphérie de l’Etat hébreu, a été principalement le fait de l’administration de Joe Biden.

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