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International 04/05/2026 06:15 Actualisé le 04/05/2026 08:42
Washington présente cette opération comme un geste « humanitaire » pour aider des navires bloqués à Ormuz, décrits comme des « victimes des circonstances » du conflit avec l’Iran.
Depuis plusieurs semaines, le passage stratégique du détroit d’Ormuz est au cœur des tensions au Moyen-Orient, au point d’alimenter doutes et blagues sarcastiques sur la capacité du président américain à rouvrir la zone. Certains observateurs ont même popularisé ces derniers jours le surnom de « Nacho Trump », pour « Not a chance Hormuz opens », qui défend l’idée que le détroit n’a aucune chance de rouvrir.
Mais après des semaines de blocage qui paralysent une partie des échanges internationaux de pétrole, le président américain a annoncé dimanche 3 mai au soir que la marine des États-Unis escortera dès ce lundi des navires étrangers pour les aider à quitter la zone : un net changement de ton après plusieurs semaines d’impasse.
L’opération, baptisée « Project Freedom » (« Projet liberté »), vise à permettre à des bateaux coincés dans le Golfe de reprendre leur route. Washington affirme répondre aux demandes de pays dont les navires sont immobilisés. « Des pays du monde entier, dont la grande majorité n’est pas impliquée dans le conflit au Moyen-Orient, nous ont demandé si nous pouvions les aider à libérer leurs navires bloqués dans le détroit d’Ormuz », a écrit Donald Trump sur Truth Social. « Nous guiderons leurs navires en toute sécurité afin qu’ils puissent reprendre leurs activités. »
Outre la flambée régulière du prix du pétrole depuis le début du conflit, la situation devient aussi critique pour les équipages. Des milliers de marins sont bloqués en mer, parfois depuis plusieurs semaines, avec des vivres limités et des conditions de vie qui se dégradent fortement. Quelque 20 000 marins seraient concernés et plus de 900 navires se trouvent encore dans la zone, selon des données maritimes récentes. « Ces navires n’ont rien à voir avec ce qui se passe actuellement. Ce sont des acteurs neutres, victimes des circonstances », insiste le président américain.
« Un geste humanitaire au nom des États-Unis »
Donald Trump prévient que toute tentative d’interférence sera « traitée par la force ». Le commandement militaire américain (CENTCOM) pour le Moyen-Orient précise que l’opération va mobiliser notamment des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et environ 15 000 soldats. « Ce processus, Project Freedom, commencera lundi matin », précise Donald Trump. « Il s’agit d’un geste humanitaire au nom des États-Unis, des pays du Moyen-Orient et en particulier de l’Iran », assure encore le président américain. Dans le même temps, le président américain affirme que des discussions « très positives » sont en cours avec l’Iran.
La réaction iranienne n’a pas tardé. « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l’agressive armée américaine : s’ils ont l’intention de s’approcher du détroit d’Ormuz ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués », a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya. Un haut responsable a également averti que toute « interférence américaine » dans le détroit sera considérée par Téhéran comme une violation du cessez-le-feu. Une trêve fragile est en vigueur depuis le 8 avril après plusieurs semaines de frappes et de représailles dans la région.
Emmanuel Macron s’est montré sceptique quant à cette nouvelle opération lancée par Donald Trump, critiquant un cadre jugé « pas clair ». Il a appelé lundi à une réouverture du détroit d’Ormuz, « concertée » entre « l’Iran et les États-Unis ».


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