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Les deux font la paire. L'un, idiot à en perdre la raison, obtus, borné, égocentrique, médiocre parmi les médiocres. L'autre, opportuniste, veule, intrigant, vénéneux, mielleux, sans aucun scrupule. L'un, président d'une nation en perdition. L'autre, roi sans royaume d'une institution aussi puissante que n'importe quel État. Trump et Infantino. Donald et Gianni. Deux versants d'une même pièce, celle de l'arrogance qui entend veiller sur la marche du monde comme s'ils en étaient les prophètes incarnés.
Rien à attendre de cette paire de foutriquets, sinon le pire. Donald Trump, qui n'est plus à une pitrerie près, voulait le prix Nobel de la paix. Gianni Infantino, fieffé courtisan, en inventa un sorti de nulle part, le «prix de la paix de la FIFA», et le lui décerna aussitôt. Félicitations, remerciements, petits fours dans le Bureau ovale, sourires complices et enjôleurs, l'élève avait reconnu son maître. Ou bien le contraire. À force d'amabilités partagées, d'obséquiosités échangées, on ne sait plus très bien qui mène le bal, le laquais ou le tyran, le cireur de pompes ou le bouffon à l'ego démesuré.
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La Coupe du monde de football 2026 est organisée, en grande partie, sur le sol états-unien. Avec notre duo spécialisé dans les coups tordus et autres tacles par derrière, on craignait le pire et le pire arriva. En seizièmes de finale contre la Bosnie-Herzégovine, un carton rouge fut attribué à l'attaquant Folarin Balogun, un des meilleurs atouts de la sélection des États-Unis. Cette décision est théoriquement synonyme de suspension pour le match suivant, en l'occurrence contre la Belgique (finalement victorieuse sur le score de 4 buts à 1). Le ketchup qui monte au nez du potentat à la coiffure orangée, le coup de fil à Gianni pour demander réparation… Dimanche 5 juillet, à la veille du huitième de finale, la FIFA annonce que la suspension était levée. Stupeur et tremblements.
Depuis l'intervention d'un cheikh du Koweït pour faire annuler un but encaissé par son équipe opposée à la France en 1982, le monde du football n'avait jamais connu pareille forfaiture. Une honte absolue. Une souillonnerie infâme. Un pied de nez à la morale sportive. Un bras d'honneur aux règles pourtant scrupuleuses du football. Un abus de pouvoir digne de figurer dans les annales des pires turpitudes jamais exécutées depuis que le sport est sport. Passé les bornes, il n'y a plus de limites.
Donald Trump exige, Gianni Infantino obéit. Qui dira jusqu'où les deux s'autoriseront à aller? Ce n'est un secret pour personne que Donald Trump, dans son ignorance universelle, sait tout de même que Lionel Messi a fait don de son génie au football. Qu'il est le football comme Donald Trump est l'Amérique. Et puisque Donald Trump s'est arrogé le droit de remettre la coupe à l'équipe victorieuse, nouvelle entorse au protocole habituel, à qui d'autre tendre ce précieux trophée, sinon au plus grand des funambules jamais vu sur un terrain de foot, Lionel Messi en personne? D'un messie à l'autre, on se comprendra sans même se parler. Dieu parle à Dieu, sous les ricanements du diable de service, ravi de voir le football ainsi couronné.
Tout est désormais possible, même l'impossible. Un arbitre qui verra ce que personne n'a vu. Une VAR (assistance vidéo à l'arbitrage) qui s'enrhume et confond la ligne de touche avec la ligne de but. Un but refusé pour un éclair apparu à l'horizon. Une exclusion décrétée à la suite d'un haussement de sourcils intempestif. Un match gagné, mais finalement perdu, à la suite d'un contrôle antidopage qui sent bon la magouille et l'arrangement entre amis. Un temps additionnel qui devient une éternité pour s'interrompre quand le ballon aura enfin franchi la ligne fatidique. Tout et n'importe quoi, en fait.
Gianni Infantino ne reculera devant rien pour satisfaire aux volontés de Donald Trump. Le bonhomme est ainsi fait: tout ce qui brille l'attire. Et plus l'or a l'éclat de la puissance, plus il sera enclin à piétiner l'essence d'un sport dont il est censé servir la cause. À d'autres époques, il aurait été hitlérien, stalinien, polpotiste, sans l'ombre d'un remords. Ces individus-là n'ont pas de patrie, aucune morale, et quand ils peuvent s'acoquiner avec les grands de ce monde, peu importe leur probité ou leur intégrité, ils le font entièrement, ardemment, servilement.
Donald Trump, qui s'y connaît en matière de vices, a reconnu en Gianni Infantino un frère de cœur. Il peut lui demander la lune, l'autre la décrochera. Même si pour cela, il faut plonger le monde dans l'obscurité. C'est son pantin et son jouet. Son faire-valoir et son aide de camp. Et comme les deux sont sans pudeur, sans la moindre éthique, électrons libres d'un monde retourné à la loi du plus fort, si nécessaire, ils piétineront le football avec la même allégresse qu'un despote passe par les armes ses opposants les plus farouches.
Le football en a vu d'autres. Il s'en remettra. Mais il n'empêche, un lien s'est brisé entre lui et ses passionnés. Longtemps, ces derniers, comme les plus magnifiques des cocus, n'ont voulu croire ce qu'ils savaient pourtant. Que le football était l'otage d'une institution vérolée du sol au plafond, d'une organisation mafieuse dominée par l'appât du gain, d'une réunion d'individus contrôlée par Gianni Infantino, un gourou autoproclamé qui se sert du football pour assouvir ses rêves de conquête.
Ce fripon de la pire espèce ne mérite même pas un carton rouge, mais une excommunication pure et simple. Que ce Mondial soit son dernier. Et que son souvenir disparaisse de nos mémoires comme ces roitelets d'autrefois qui, désirant mettre le monde à leurs pieds, ivres de vanité mais faibles de constitution, ont fini dans les oubliettes de l'histoire.
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