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En réactions aux mobilisations contre la vie chère en Iran, qui ont déjà fait six morts, Donald Trump s’est dit prêt à intervenir militairement pour secourir la population.
Par Maxime Birken avec AFP

JIM WATSON / AFP
« Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », s’est permis d’annoncer Donald Trump au sujet d’une éventuelle intervention militaire américaine en Iran.
La grogne iranienne repart de plus belle, et Washington s’en mêle. Dans un message lapidaire diffusé sur son réseau Truth Social, le président américain Donald Trump a indiqué ce vendredi 2 janvier que « si l’Iran tir(ait) sur des manifestants pacifiques et les tu(ait) violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendr(aie)nt à leur secours ».
Cette petite phrase, aux allures de menace, intervient dans un contexte de tensions grandissantes en Iran, où trente personnes accusées de « troubles à l’ordre public » ont été arrêtées à Téhéran depuis dimanche. Jeudi soir, l’agence Tasnim évoquait ce premier bilan alors qu’aucun incident n’avait été officiellement rapporté ces derniers jours par les autorités dans la capitale. Pourtant, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait au moins six morts rien que jeudi. Il s’agit des premiers décès évoqués depuis le début d’une vaste mobilisation contre la vie chère dans le pays.
Ce nouveau mouvement est parti dimanche de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique. La contestation a depuis gagné des universités et le reste du pays à des degrés divers : au moins 15 villes ont été touchées, essentiellement de taille moyenne et situées dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et les médias locaux.
« Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », a également réagi Donald Trump au sujet de la situation en Iran. En réaction, le régime de Téhéran s’est permis de répondre très sèchement au président américain. « Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains », a commenté Ali Larijani, qui dirige la plus haute instance de sécurité en Iran.
« La sécurité de l’Iran est une ligne rouge » pour Téhéran
« Qu’il prenne garde à ses soldats », a ajouté ce haut responsable iranien sur le réseau social X. Depuis, un conseiller du guide suprême iranien, Ali Shamkhani, a surenchéri en déclarant que toute intervention américaine en Iran constituerait une « ligne rouge » après les menaces de Donald Trump.
« Toute main interventionniste qui s’en prendrait à la sécurité de l’Iran sous quelque prétexte que ce soit, s’exposera à une riposte », a plus précisément écrit Ali Shamkhani sur X. « La sécurité de l’Iran est une ligne rouge », a encore ajouté ce conseiller du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur.
« Le peuple iranien connaît bien ce que signifie être “sauvé” par les Américains : de l’Irak et de l’Afghanistan à Gaza », a-t-il conclu dans une dernière pique adressée à Washington.
Comme le souligne Associated Press, les manifestations qui frappent l’Iran sont les plus importantes dans le pays depuis celles survenues en 2022 après la mort de la jeune Mahsa Amini. Son décès lors d’une garde à vue après avoir refusé de porter le voile avait alors entraîné une vague de protestation sans précédent au niveau national. L’agence de presse précise d’ailleurs que si les slogans scandés par les manifestations ces derniers jours ciblent principalement les problématiques économiques de la population, comme en 2022, des critiques contre la théocratie iranienne s’invitent aussi dans les manifestations à travers le pays.


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