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On l’attendait, et la voilà : le président américain, Donald Trump, a annoncé sur sa plateforme Truth Social une réplique aux contre-tarifs canadiens de Mark Carney en fin de journée mardi, moins d’une journée après leur entrée en vigueur. À sa demande, les produits canadiens devront être exclus des contrats publics américains.
L’agence fédérale américaine chargée de gérer les contrats d’approvisionnement des États, la General Services Administration (GSA), devra « prendre toutes les mesures nécessaires pour retirer les produits d’origine canadienne [de ses] listes de fournisseurs agréés », est-il écrit dans une publication en ligne de Donald Trump. Selon ses dires, ces contrats représenteraient « 50 milliards de dollars par année » pour les entreprises canadiennes.
Lorsque ces lignes ont été écrites, rien n’avait officiellement changé sur le site web de la GSA, et rien n’indiquait que les entreprises canadiennes étaient désormais exclues de l’approvisionnement public américain. La Maison-Blanche n’avait pas non plus publié d’information à ce sujet.
Le président américain a précisé que sa nouvelle mesure restera en place « à moins que le Canada ne rétablisse une réciprocité totale et équitable pour les agriculteurs et les entreprises américains ». Autrement dit, une fois que sa directive sera en vigueur, le locataire de la Maison-Blanche ne compte pas changer d’avis tant que les tarifs douaniers canadiens réciproques seront en place.
Selon lui, « cet accès aurait dû être supprimé il y a des années par d’autres gouvernements, comme je l’ai fait moi-même avant d’être rétabli par Sleepy Joe Biden. »
Et du côté canadien ?
Donald Trump en a profité pour réitérer, comme il a désormais l’habitude de le faire, que le Canada « arnaque » les États-Unis. « Tout le monde sait que le Canada empêche nos formidables producteurs laitiers de vendre sur le marché canadien et que la seule raison pour laquelle le Canada fabrique des automobiles tient à des accords commerciaux désastreux conclus sous d’autres présidences. »
Pour justifier son annonce, il a écrit que « beaucoup ignorent que le gouvernement canadien, ainsi que les provinces, interdisent aux petites entreprises et sociétés américaines de vendre sur leurs marchés publics », dénonce le président. « Ce n’est pas de la réciprocité, c’est une arnaque commerciale de la part du Canada » et « désormais, pas de réciprocité, pas d’accès ! » a-t-il déclaré, tout en majuscules, dans son style provocateur usuel.
Reste que son affirmation est partiellement vraie. L’Ontario a notamment adopté une directive en 2025 (surnommée « Achetez canadien » ) qui empêche les secteurs public et parapublic de s’approvisionner auprès d’entreprises américaines à moins qu’elles ne soient la seule « source viable » ou qu’au moins 90 % de ses employés se trouvent au Canada. Il s’agit de l’une des premières mesures mises en place par celui qui veut incarner dans cette lutte « Capitaine Canada » — le premier ministre ontarien, Doug Ford — au tout début des hostilités commerciales avec les États-Unis l’an dernier.
La première ministre québécoise, Christine Fréchette, a d’ailleurs elle aussi fait une annonce en ce sens lundi soir, quelques heures seulement avant l’annonce de Donald Trump, en affirmant que le Centre d’acquisitions gouvernementales suspendait la règle du plus bas soumissionnaire et réservera « des appels d’offres aux entreprises ayant un établissement au Québec ou au Canada ».
La publication du président américain ne mentionne pas que les États-Unis disposent également déjà d’une politique « Buy American » qui donne la priorité aux achats américains dans certains secteurs clés, et ce, depuis des dizaines d’années.
Escalade des tensions
L’annonce de Donald Trump survient moins de 24 heures après l’entrée en vigueur, mardi un peu après minuit, des droits de douane canadiens réciproques de 15 %, 25 % ou 50 % sur des centaines de produits américains. Ceux-ci se veulent une réponse à l’imposition de droits de douane de 50 % sur 28 milliards de dollars de produits canadiens.
Le premier ministre fédéral, Mark Carney, a d’ailleurs pris la parole mardi avant-midi pour préparer les Canadiens aux effets de la prolongation de la guerre commerciale à la suite du retrait du Canada, le mois dernier, des négociations avec les États-Unis pour la conclusion d’entente commerciale.
M. Carney a aussi rencontré mardi après-midi des chefs d’entreprise québécoises, dont Saputo et Power Corporation, afin de présenter les priorités de son gouvernement en matière d’investissements.
Avec La Presse canadienne


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