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Le président des États-Unis a appelé le Premier ministre israélien pour l’empêcher de frapper Beyrouth. Pour le chercheur Adel Bakawan, Benjamin Netanyahu profite du désintérêt pour le Liban pour mettre en œuvre son objectif d’éradiquer le Hezbollah.
Donald Trump a mis le holà à la stratégie de Benjamin Netanyahu. Le président des États-Unis a annoncé ce 1er juin sur son réseau social après un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien « qu’il n’y aura pas de troupes à Beyrouth » et que « toutes les troupes qui étaient en route pour Beyrouth ont déjà fait demi-tour ». (Même si en l’occurrence, le chef de l’État hébreu prévoyait des frappes aériennes sur la capitale du Liban et non l’envoi de troupes au sol, ndlr). Car ce coup de fil intervient après une intensification des opérations israéliennes au Liban, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
La veille, Israël a annoncé la prise de la forteresse de Beaufort. Cette capture représente l’incursion militaire la plus profonde de l’armée israélienne depuis 26 ans. Parallèlement au sud du Liban, Benjamin Netanyahu a demandé l’évacuation de certains quartiers de la capitale Beyrouth qui sont des bastions du Hezbollah.
Pour Adel Bakawan, directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa, Benjamin Netanyahu profite d’une fenêtre d’opportunité : « les Israéliens, qui connaissent grammaticalement le Moyen-Orient, ont compris que personne ne s’engage sérieusement pour défendre le Liban : ni les États-Unis, ni les Iraniens, ni les pays arabes et donc ils se voient la main libre pour faire tout ce qu’ils souhaitent. Les Israéliens pensent que LE moment historique est venu pour aller jusqu’au bout pour désarmer le Hezbollah. »
Cette escalade militaire est condamnée par une partie de la communauté internationale : l’Union européenne, la France mais surtout Donald Trump qui a mis un coup de pression sur Benjamin Netanyahu en l’intimant de ne pas attaquer Beyrouth.
Depuis que le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars, plus de 3 400 personnes ont été tuées au Liban, et plus d’un million ont été déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 27 morts côté israélien. Des échanges de tirs ont encore eu lieu entre le Hezbollah et Israël dans le sud du Liban ce 2 juin, alors que s’ouvrent le même jour des négociations entre émissaires libanais et israéliens à Washington.


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