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Dominic Hébert passera 36 mois derrière les barreaux

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Le Madelinot Dominic Hébert écope d’une peine de trois ans d'emprisonnement pour l’ensemble des crimes de nature sexuelle qu'il a commis en ligne envers des personnes mineures.

La juge Janick Poirier a prononcé la peine mardi avant-midi au palais de justice de Havre-Aubert, aux Îles-de-la-Madeleine, près de cinq ans après l'arrestation de l'accusé en janvier 2022.

En août 2024, Dominic Hébert, 27 ans, de L’Étang-du-Nord, a plaidé coupable à 18 chefs d'accusation, notamment d’extorsion, de corruption d’enfants, de leurre informatique et de distribution de pornographie juvénile.

Au total, Dominic Hébert a fait 12 victimes, âgées de 12 à 16 ans, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication. L'individu leurrait des personnes mineures sur Snapchat en prétendant être un adolescent. Il leur demandait des images intimes d’elles et menaçait par la suite de publier ces premiers clichés si les victimes refusaient de lui en fournir d'autres plus explicites.

La juge Poirier a affirmé que le nombre de victimes et la durée pendant laquelle les délits ont été commis, soit d'avril 2021 à février 2022, constituent des facteurs aggravants.

Il ne s’agit pas ici d’une étourderie momentanée, mais bien d’un mode opératoire qui se poursuit durant de nombreux mois. […] Il agit de façon répétée et sans scrupules jusqu’à son arrestation.

Les impacts sur une victime dont la mère a rédigé une déclaration font également partie des facteurs aggravants.

La juge a également déploré le fait que le délinquant n’ait pas entrepris de suivi en sexologie, tel qu'il lui avait été recommandé, et qu’il démontre peu de considération pour les victimes.

Le délinquant affirme qu’il regrette ce qu’il a fait, ses regrets sont toutefois reliés aux conséquences qu’il subit. On ne saurait les qualifier de réels remords, soutient la juge Janick Poirier. Cette dernière a souligné que seules 3 lignes dans les 24 pages du témoignage lu par M. Hébert devant le tribunal en juin étaient consacrées aux victimes.

Le palais de justice en automne.

Dominic Hébert et des membres de sa famille étaient présents au palais de justice de Havre-Aubert, lors du prononcé de la peine, mardi avant-midi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La magistrate a aussi fait valoir que le risque de récidive de M. Hébert était plus élevé que la moyenne. Elle a indiqué que la preuve démontre que Dominic Hébert présente une certaine immaturité et des ressources cognitives limitées, qui ne sont toutefois pas de l’ordre de la déficience intellectuelle.

Une peine appropriée selon la Couronne

La Couronne se dit satisfaite de la peine imposée par le tribunal, bien que le ministère public ait recommandé quatre ans d’emprisonnement lors des observations sur la peine.

Je crois que c’est une peine qui respecte les objectifs des tribunaux de vouloir mettre l’accent sur la dénonciation et la dissuasion lorsque nous avons des infractions à l’égard de jeunes enfants, plus spécifiquement des crimes sexuels, affirme la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Camille Méthot.

Radio-Canada a tenté de joindre l’avocate de M. Hébert, mais celle-ci n’avait pas répondu à notre appel au moment de publier ces lignes.

Lors des observations sur la peine, la défense avait plaidé en faveur d’une peine de deux ans moins un jour avec sursis, c’est-à-dire la peine maximale qui pouvait être purgée dans la collectivité.

Plusieurs conditions à respecter

En plus de son incarcération de 36 mois, Dominic Hébert devra se soumettre à plusieurs autres conditions.

Il sera inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans et devra fournir des échantillons d’ADN.

Durant les cinq années suivant sa libération, il lui sera interdit de fréquenter des lieux publics, comme des parcs et des terrains d’école, où des personnes de moins de 16 ans seraient susceptibles de se trouver. Il lui sera aussi interdit de communiquer avec des jeunes de moins de 16 ans sans la supervision d’un adulte responsable et informé des infractions.

Il ne pourra pas non plus occuper un emploi ou effectuer des activités bénévoles qui le placeraient en relation d’autorité vis-à-vis des personnes 15 ans et moins.

De plus, il ne pourra pas posséder d’arme durant les 10 années qui suivront sa libération.

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