«Le 9 octobre 2026, le Ministère de l’intérieur a notifié à Alain Soral, président d’Égalité & Réconciliation, son intention d’engager la procédure de dissolution de l’association.» Ce dimanche, le compte X officiel de l’idéologue antisémite a annoncé que son association est sur le point d’être dissoute par les autorités.
«Une mesure de dissolution est bien envisagée et à cette fin, un contradictoire est en cours, à l’issue duquel la dissolution pourra intervenir», a confirmé une source à Beauvau au journal Libération. Lequel ne cache pas sa joie: «Mieux vaut tard que jamais.»
En 2021: Alain Soral définitivement condamné pour négation de la ShoahPlusieurs condamnations judiciaires
L’association, fondée en 2007, a pour objectif de «soutenir et de défendre les idées politiques d’Alain Soral». Elle est une caisse de résonance des idées d’extrême droite de son fondateur, qui fut un temps membre du Front national et affiche pas moins d’une vingtaine de condamnations, pour provocation à la discrimination ou à la haine raciale, mais aussi apologie de crimes contre l’humanité, ou encore injure publique.
Plusieurs peines de prison ferme ont été prononcées à son encontre, avant d'être requalifiées en appel par des amendes ou des peines en semi-liberté. En 2019, il s’exile en Suisse, dans le canton de Vaud. Les ennuis judiciaires continuent: en mars dernier, le Ministère public vaudois l’avait condamné à cinq mois de prison ferme, ainsi que 30 jours-amende, principalement pour discrimination et incitation à la haine, ainsi qu’injure, après une dénonciation en 2024. de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD). Cette année-là, le Franco-Suisse écopait d’une peine de prison de 40 jours pour des propos homophobes à l’égard d’une journaliste, après une décision du Tribunal fédéral.
Selon Mediapart, il aurait depuis fui en Russie.
Des discours discriminatoires et haineux
Dans son courrier, directement publié sur le site d’Egalité & Réconciliation, le ministère justifie sa décision par le fait que si l’association affirme «combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse», elle «reprend en réalité le courant de votre pensée national-socialiste, référence directe au nazisme […]» et «propage des idées tendant à justifier ou encourager un discours discriminatoire, haineux et appelant à la violence envers les personnes juives, immigrées, les femmes et la communauté LGBT». Le ministère affirme ainsi que l’idéologie de la structure est «résolument antisémite» et «fait apologie du nazisme».
Cette décision intervient quelques semaines après que Mediapart a publié une enquête affirmant, documents à l’appui, que le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, vouait une certaine «fascination» pour Alain Soral. Ce que l’intéressé dément formellement.
Selon les journalistes, l’homme politique aurait ainsi écrit en 2013, que «les banques sont toutes détenues par des Juifs» et que «pour Soral, je dis que ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits».
Lire aussi: Mediapart affirme avoir pu authentifier les messages antisémites attribués à Jordan Bardella, qui continue de nierDéveloppement suit.


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