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La Nation Dakota de Standing Buffalo demande davantage de consultations et d’informations sur les impacts environnementaux du futur centre de données d’intelligence artificielle de Bell, au sud de Regina. La Nation Nakoda de Carry the Kettle réclame, pour sa part, une pause dans les travaux.
Le centre de données doit être construit dans la Municipalité rurale de Sherwood.
Dans une lettre adressée au président et directeur général de Bell Canada, Mirko Bibic, et envoyée vendredi, la Nation Dakota de Standing Buffalo affirme que le projet se trouve sur un territoire traditionnel non cédé qui appartient au peuple Dakota et qu’elle n’a pas été consultée.

Rodger Redman est le chef de la Nation Dakota de Standing Buffalo, située à environ 10 kilomètres à l'ouest de Fort Qu'Appelle, au sud de la Saskatchewan.
Photo : Fournie par : La Première Nation Dakota de Standing Buffalo
Notre Nation a des responsabilités envers ses membres, son territoire et les générations futures. Elle déterminera sa propre position sur ce projet par l’intermédiaire de ses dirigeants et d’un examen indépendant, indique Rodger Redman, le chef de la Nation Dakota de Standing Buffalo, dans sa lettre.
Rodger Redman veut notamment savoir si des études géographiques et hydrologiques ont été réalisées et les répercussions du projet sur la qualité de l’air, les animaux et les oiseaux.
En tant que nation souveraine et sur des terres visées par un traité, je crois que nous avons le droit d’être consultés.
Le chef autochtone demande également des précisions sur la façon dont Bell compte gérer les équipements informatiques, électriques et mécaniques lorsqu’ils arriveront en fin de vie, notamment les déchets électroniques pouvant contenir des substances toxiques.
La Première Nation a d'ailleurs donné à Bell 10 jours ouvrables pour accuser réception de sa lettre et 30 jours pour organiser une rencontre à laquelle participeraient également des représentants de la Saskatchewan.
La Nation n’est pas signataire du Traité no 4, mais elle est reconnue en vertu de la Loi sur les Indiens.
Le chef Rodger Redman affirme que sa Nation est prête à envisager des recours judiciaires, si Bell ne donne pas suite à sa demande.
Carry the Kettle réclame une pause
La Nation Nakoda Carry the Kettle demande, pour sa part, aux gouvernements provincial et fédéral ainsi qu’à Bell de suspendre les travaux.

Une affiche annonçant la bienvenue dans la Première Nation Nakoda Carry the Kettle, en Saskatchewan.
Photo : Radio-Canada / Adam Bent
Dans une lettre envoyée lundi, le chef de la Première Nation, Cliff Thomson, réclame également une consultation qu’il juge significative et le respect des droits de sa communauté en vertu du Traité no 4.
Nous observons des conditions de sécheresse. Nous avons un aquifère sous notre réserve que nous devons protéger. Nous ne savons pas d’où viendra l’eau et nous ne comprenons pas les impacts, écrit-il.
Selon Cliff Thomson, les assurances publiques des gouvernements ne suffisent pas.
Tout ce que nous entendons, ce sont des reportages dans lesquels les gouvernements demandent essentiellement à notre peuple de leur faire confiance. Ce n’est pas suffisant, ajoute-t-il.
Le partenariat avec George Gordon jugé insuffisant
Le gouvernement de la Saskatchewan travaille en partenariat avec Bell et la Première Nation George Gordon pour mener à bien ce projet.
La province présente le centre de données comme le plus important investissement du secteur privé de l’histoire du Canada, avec 52 milliards $ annoncés. Le projet pourrait générer jusqu’à 1200 emplois pendant la construction et 600 emplois permanents en Saskatchewan.

Le centre de données de Bell en construction près de Regina, en Saskatchewan.
Photo : Radio-Canada / Adam Bent
Pour Rodger Redman, la participation de Première Natuon George Gordon ne veut pas forcément dire que les promoteurs ne devraient pas consulter les autres Premières Nations dont les territoires traditionnels pourraient être touchés.
Il y a 74 Nations en Saskatchewan. À ma connaissance, aucune de ces 74 Nations n’a donné à George Gordon le mandat de parler en son nom, affirme-t-il.
Le chef soutient également que sa Nation devrait avoir accès au même niveau d’information sur le projet que la Première Nation partenaire.
La Nation Dakota Standing Buffalo est déjà engagée dans une procédure devant la Cour fédérale concernant son droit revendiqué à être consultée.
Nous avons notre propre cadre de consultation. Nous en avons envoyé une copie à la province et, encore aujourd’hui, nous attendons qu’elle remplisse une demande, explique Rodger Redman.
Bell et la province continuent de défendre le processus
Bell Canada a réitéré son engagement à travailler avec les communautés locales et les Premières Nations dans le cadre du projet.
L’entreprise soutient que les projets liés à son infrastructure d’intelligence artificielle sont développés conformément aux exigences réglementaires et environnementales applicables. Elle affirme également qu’elle continuera de transmettre les informations pertinentes dans le cadre des processus prévus.
Le bureau du premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, indique, pour sa part, que le projet devra, comme tout développement de grande envergure, respecter les exigences applicables en matière d’évaluation environnementale, de réglementation et de permis.
Selon la province, ces processus doivent permettre de déterminer les impacts environnementaux potentiels, de les évaluer et de prévoir des mesures nécessaires pour les atténuer.
Avec les informations de Camilla Faragalli


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