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La date du 12 avril 2026 restera gravée dans la mémoire de plusieurs passionnés d'ornithologie. En l’espace de 24 heures, une oie des moissons et un caracara huppé — deux espèces dont l'habitat naturel se trouve à des milliers de kilomètres — ont été aperçus à Québec.
C’est incroyable ce qui vient de se passer. L'ornithologue amateur Alain Cossette a du mal à cacher son enthousiasme. Il a aperçu, lors de la fin de semaine, deux espèces d’oiseaux qu’on ne voit pratiquement jamais au Québec.
Tout a commencé alors qu'il photographiait des canards branchus. Je prenais des photos de canards branchus et, là, je vois au loin une oie des moissons. Je me suis dit que je devais rêver. J’ai pris tout plein de photos, raconte le résident de Saint-Augustin-de-Desmaures.

L'oie des moissons est une espèce rare au Québec.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Le lendemain, espérant revoir l’oie des moissons, il est retourné au parc des Hauts-Fonds, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il est plutôt tombé sur un caracara huppé, une espèce d'oiseaux tout aussi rare et encore plus spectaculaire.

Plusieurs photographes amateurs ont eu la chance de photographier le caracara dans les environs de Saint-Augustin-de-Desmaures.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Je me suis dit : ''Bien non, ça ne se peut pas.'' Deux oiseaux aussi rares que ça au Québec en 24 heures. [...] Je vais aller m’acheter un billet de loto plus tard aujourd’hui.
Pourquoi ces oiseaux sont-ils si rares?
Alain Cossette n’a pas tort en disant qu’il a été chanceux d’apercevoir les deux espèces.
Selon Thierry Grandmont, ornithologue et doctorant en biologie à l’Université Laval, c’est seulement la deuxième fois qu’une oie des moissons est aperçue au Québec. Dans le cas du caracara huppé, il s’agit de la cinquième observation officielle dans la province.
Si on les voit aussi rarement au Québec, c’est que ces oiseaux habitent normalement à des milliers de kilomètres du Québec. L’oie des moissons se reproduit habituellement dans le nord de l’Europe et de l’Asie, alors que le caracara huppé habite principalement en Amérique du Sud.
C’est assez exceptionnel de voir ces oiseaux-là au même endroit, surtout que ce ne sont pas les mêmes facteurs qui ont amené ces oiseaux ici, explique Thierry Grandmont.
Ces oiseaux sont perdus
Ces oiseaux-là ne devraient normalement pas être ici, ils se sont un peu perdus, résume Thierry Grandmont.
Le biologiste estime que l’oie des moissons est partie d’Europe ou d’Asie pour nicher en Arctique. Au moment de repartir à la maison, elle aurait suivi le mauvais groupe d’oiseaux.

L'oie des moissons (à droite) a été aperçue pour une deuxième fois seulement au Québec. L'espèce est habituellement visible en Europe.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Certains oiseaux [surtout les plus jeunes] vont se tromper de chemin et repartir avec un groupe qui n’est pas le leur. Dans ce cas-ci, l’oie a probablement suivi un groupe d’oie des neiges ou de bernaches du Canada.
Le caracara huppé, quant à lui, aurait plutôt été porté par des vents dominants favorables qui l'auraient poussé loin vers le nord.
Une sensation sur les réseaux sociaux
Depuis dimanche, des dizaines de publications montrant ces deux oiseaux rares enflamment les groupes d'ornithologues sur les réseaux sociaux.
Sous chaque photo, on peut lire des dizaines de commentaires de curieux cherchant à localiser les oiseaux.
L'engouement est tel que certains n'hésitent pas à parcourir de longues distances. Simon Boivin a ainsi fait la route depuis le Saguenay dès qu'il a eu vent de la présence de l'oie.
Je n'ai pas réussi à voir l'oie, donc je suis retourné au Saguenay. En route, j'ai reçu une alerte disant qu’il y avait aussi un caracara huppé. Tout de suite, j’ai rebroussé chemin et je suis revenu vers Québec pour une deuxième fois. J’allais pas manquer ça, raconte l'ornithologue amateur.
Les ornithologues sont toujours prêts à partir à gauche ou à droite pour voir un oiseau rare. Ça peut paraître banal pour plusieurs, mais pour nous, ce sont de très beaux moments.
Il y a encore de l’espoir pour les ornithologues qui n’ont pas encore aperçu les oiseaux. Selon Thierry Grandmont, les deux spécimens pourraient errer dans la province pendant quelques semaines encore avant de tenter de retrouver leur route.


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