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Deux maires du Centre-du-Québec ont démissionné en l’espace d’une semaine. Les municipalités de Saint-Norbert-d’Arthabaska et de Notre-Dame-de-Ham devront se trouver un remplaçant. Les deux hommes politiques évoquent la même raison pour leur départ : le manque de temps.
Travailler à temps plein en plus d’occuper le poste de maire peut exiger de nombreux sacrifices. C’était la réalité de ces deux élus municipaux.
Lors de la réunion du conseil municipal du 7 avril dernier, le maire de Notre-Dame-de-Ham, Roberto Clavet, a annoncé sa démission. Il quitte ainsi la vie politique après près de cinq mois.
Une rencontre à la MRC, quelques réunions là, un C.A. à une autre place, à une autre place et à une autre place, un peu partout. Je me suis dit, je ne suis jamais chez nous. […] Ce n’était pas fait pour moi, donne en explication Roberto Clavet, qui avoue ne pas s’être attendu à des tâches aussi volumineuses.
Il explique que le fait d’occuper son travail à raison de 40 heures par semaine et de remplir les tâches de maire était incompatible.
Il faut quelqu’un à sa pension pour faire ça. C’est impossible quand tu travailles.
Dans une municipalité voisine, le maire de Saint-Norbert-d’Arthabaska, Marcel Bélanger, a lui aussi remis sa lettre de démission une semaine plus tard, le 14 avril.
Je manquais de temps. Je suis agriculteur. Entre la mairie, le travail et la famille, je manquais de temps pour bien accomplir ma tâche, explique M. Bélanger.
Le 10 mars dernier, lors de la dernière réunion du conseil municipal, il avait annoncé qu'il réfléchissait son avenir politique. Il a finalement décidé de quitter la vie politique après huit ans au conseil municipal, dont cinq ans en tant que maire.
Un emploi exigeant
Deux experts en politique municipale disent ne pas être surpris par ces annonces et abondent dans le même sens : il est impossible, selon eux, d’avoir un emploi à temps plein et d'occuper le poste de maire d’une municipalité de petite taille.
Le poste de maire est rémunéré à temps partiel dans les municipalités de moins de 5000 habitants, ce qui oblige certains élus municipaux à travailler pour arrondir leurs fins de mois.
Les responsabilités qui incombent à ces municipalités, c’est, à peu de chose près, la réalité d’une municipalité de 10 000 personnes, explique Rémy Trudel, ex-ministre des Affaires municipales du Québec.
Le maire d’une municipalité de 800 habitants, il est plus occupé qu’un député du Québec, qu’un député fédéral et qu’un ministre.
Une professeure au département de sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal, Caroline Patsias, attribue également une partie du blâme au gouvernement provincial.
Le travail de maire, surtout dans les plus petites municipalités, s’est complexifié, parce que certaines petites municipalités sont confrontées aux mêmes [problèmes] de réchauffement climatique, donc de transition environnementale. Aujourd’hui, on peut avoir des [problèmes] liés au logement et à l’itinérance, affirme-t-elle.
Rémy Trudel est du même avis.
Quand le gouvernement du Québec manque de moyens pour s’occuper de ces situations-là, il l’envoie dans la cour des municipalités sous le vocable de la décentralisation. C’est une formule polie pour dire : je m’en débarrasse, lance-t-il.
Quelle solution?
Ce qu’il faut regarder, c’est le personnel administratif. Il y a un très grand nombre de situations, sinon la quasi-totalité, qui peuvent être solutionnées par l’administration publique, le directeur général ou quelques professionnels, affirme Rémy Trudel.
Dans la plupart des municipalités de petite taille, la question consiste à trouver l’argent nécessaire pour engager ces personnes.
C’est là que vient le rôle de la MRC. […] Elle a un rôle essentiel pour regrouper des services qui peuvent être administrés pour un ensemble de municipalités de petite taille, explique l’enseignant à l’ENAP.
Fier de son parcours
Marcel Bélanger est particulièrement fier de ses accomplissements au poste de maire de Saint-Norbert-d’Arthabaska, la réfection du réseau d’aqueduc étant rapidement mentionnée par Marcel Bélanger comme legs.
Toutefois, ce qui sort du lot, selon lui, c’est la mise en place d’un système de ramassage du plastique directement chez les agriculteurs.
Je suis vraiment fier de ça. Ça peut peut-être paraître banal, mais c’est beaucoup de temps que les agriculteurs gagnent, souligne-t-il.
Il mentionne aussi l’impact environnemental de cette initiative, qui permet de récupérer le plastique utilisé par les agriculteurs.
Des élections partielles auront lieu dans les deux cas. Les dates ne sont pas encore connues.


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