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Une pétition publiée en ligne par une ancienne élève de l’établissement recense en cette rentrée 2026 plus de 300 signatures.
Sur le même thèmeAcadémie de CréteilEducationViolences sexuellesArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Dorine Goth Publié le 3 sept. 2026 à 5h44
Après un printemps électrique, la rentrée 2026 se fait sous haute tension au sein du lycée Maurice-Utrillo à Stains (Seine-Saint-Denis). Quelques jours avant de reprendre le chemin de l’école, deux professeures ont appris être sous le coup d’une menace de mutation « dans l’intérêt du service ». Depuis plusieurs années, elles dénonçaient le comportement d’un collègue, soupçonné de tenir des propos sexistes et racistes envers les élèves. Au printemps 2026, une enquête administrative était diligentée par le rectorat. « On est sur une situation scandaleuse où ce sont les lanceuses d’alerte qui sont sanctionnées », commente Tony Tremblay, co-secrétaire départemental du syndical Snes-FSU 93.
Enquête administrative
« Bande de couscous », intrusion dans les vestiaires des filles, remarques sur le poids, « tu cours comme un pédé »… Les témoignages des élèves et anciens élèves que nous avons pu consulter font état de plusieurs années de violences à l’encontre des élèves par le professeur en poste depuis une dizaine d’années. Des signalements ont été réalisés au procureur de la République au titre de l’article 40. En ligne, une pétition publiée par une ancienne élève de l’établissement recense en cette rentrée 2026 plus de 300 signatures.
Au printemps, plusieurs droits d’alerte portés par la CGT Educ’action ont conduit à la mise en place d’une enquête administrative. Mais personnels et syndicats ont vite déchanté. « Les questions étaient très orientées. Les inspecteurs pédagogiques se sont davantage intéressés aux relations inter personnel dans le collège qu’aux agissements rapportés », regrette Lucas Marchand, délégué départemental 93 à la CGT, qui a suivi le dossier. Elèves et parents d’élèves ont été exclus de l’enquête malgré leurs demandes répétées.
Depuis, aucune nouvelle des conclusions de l’enquête n’a été communiquée. « Le tout alors qu’un questionnaire sur les violences sexuelles sera distribué pour la première fois à tous les élèves à la rentrée à la demande du ministère », pointe Lucas Marchand.
« Une sanction déguisée »
La suite arrive le 28 août, à quelques jours seulement de la rentrée. Les deux enseignantes syndiquées mobilisées pour dénoncer les agissements présumés de leur collègue ont reçu un courrier de l’académie de Créteil leur annonçant que le recteur « envisageait » de « les muter dans l’intérêt du service ». Une « sanction déguisée », pour les syndicats. Contacté, le rectorat n’a pas souhaité « commenter les mesures dont les personnels auraient connaissance, et qui relèvent de la situation administrative de chacun ».
La décision est remise au 23 septembre. Les enseignantes pourront consulter leur dossier à cette date et connaître les raisons de leur mutation si celle-ci est officiellement actée. « Si jamais la mutation intervient, ça serait catastrophique pour elles comme pour les élèves. Elles sont dans l’établissement depuis 15-20 ans, ont construit leur vie autour et assurent la continuité pédagogique », regrette Lucas Marchand. Jeudi 3 septembre, une partie du personnel du lycée sera en grève pour protester contre cette décision. La CGT recense une soixantaine d’enseignants grévistes.
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