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Détroit d’Ormuz : quatre pétroliers en feu après des explosions attribuées à des mines par l’Iran

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Washington annonce avoir sécurisé le détroit d’Ormuz, l’Iran lui suggère de vérifier auprès des assureurs maritimes.

Quatre pétroliers en feu : l’Iran contredit Washington

Le détroit d’Ormuz devait être sécurisé. C’est du moins ce qu’affirmait l’armée américaine. Les Gardiens de la Révolution iraniens viennent de présenter une version sensiblement différente de la situation.

Jeudi 29 octobre, ils ont annoncé que trois pétroliers avaient explosé et pris feu après avoir heurté des mines navales dans la partie sud du détroit. Selon leur communiqué, les navires avaient emprunté un itinéraire considéré comme interdit par Téhéran, désactivé leurs systèmes de navigation et ignoré plusieurs avertissements.

Quelques heures plus tard, l’armée iranienne signalait un quatrième pétrolier endommagé par des mines à l’est du passage maritime.

Les noms des navires, leurs pavillons et l’origine de leurs cargaisons n’ont pas été communiqués. Surtout, aucun organisme indépendant n’a confirmé l’ensemble de ces quatre incidents dans les conditions décrites par Téhéran.

L’organisme britannique de surveillance maritime UKMTO a bien signalé un incendie au large d’Oman. Un premier signalement concernait cependant un boutre, embarcation traditionnelle qui a finalement sombré après l’évacuation de son équipage. Il serait donc prématuré de présenter les quatre pétroliers annoncés par l’Iran comme des pertes établies.

Des mines iraniennes que les Américains affirment avoir neutralisées

Le calendrier a de quoi embarrasser le commandement américain. Le Centcom assurait récemment que les principales routes empruntées par les pétroliers avaient été débarrassées des mines iraniennes.

Depuis l’été, les États-Unis affirment également avoir facilité le transit de 1,5 milliard de barils de pétrole provenant des pays du Golfe.

Téhéran conteste cette présentation. Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a sommé Washington de fournir des preuves indépendantes du déminage annoncé.

La bataille se joue désormais autant sur les routes maritimes que dans les communiqués militaires. Chaque camp revendique la maîtrise du passage. Pour les équipages, les risques restent autrement plus concrets.

Les incidents se multiplient depuis plusieurs semaines. Le 15 octobre, nous rapportions déjà le naufrage de deux navires marchands et les tensions persistantes sur les cours du pétrole.



Washington bombarde, l’Europe surveille les prix à la pompe

Depuis le 28 février 2026, date du déclenchement des frappes israélo-américaines contre l’Iran, le détroit d’Ormuz est devenu l’un des principaux instruments de pression économique du conflit.

Avant la guerre, près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole transitait par cette voie maritime entre l’Iran et Oman. Sa perturbation menace directement les approvisionnements internationaux.

Et la diplomatie américaine n’a guère facilité une sortie de crise. Fin septembre, Donald Trump avait rejeté une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit sous sept jours, selon les déclarations rapportées à l’époque.

Les conséquences économiques dépassent largement le Moyen-Orient. Chaque menace sur le trafic pétrolier peut renchérir les assurances maritimes, compliquer les livraisons et alimenter les tensions sur les cours.

Les autorités maritimes ont d’ailleurs signalé un autre incident impliquant des explosifs fixés sur la coque d’un pétrolier dans le détroit, le 29 octobre. Un exemple supplémentaire de l’insécurité qui pèse sur la navigation commerciale.

Le prix du carburant pourrait-il encore augmenter en France ?

Pour les Français, la question concerne surtout le prochain passage à la station-service.

Une nouvelle hausse durable du pétrole pourrait se répercuter sur l’essence et le gazole. Mais quatre incidents annoncés ne suffisent pas à établir une augmentation immédiate des prix.

Les stocks disponibles, le raffinage, le taux de change et les taxes interviennent également dans la formation du prix final.

Le danger économique dépendra surtout de la durée des perturbations à Ormuz. Transporteurs, agriculteurs et entreprises seraient particulièrement exposés à une nouvelle flambée des carburants.

Huit mois après le début des bombardements, Washington continue de promettre la sécurité des échanges pétroliers. Les armateurs, eux, doivent toujours calculer le risque avant chaque traversée.

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