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La Première Nation de Long Point met les gouvernements fédéral et provincial ainsi que la Sûreté du Québec (SQ) en demeure dans le dossier de la desserte policière sur son territoire.
La communauté anishnabe du Témiscamingue demande à la SQ de proposer d’ici 15 jours un plan pour assurer une présence policière en tout temps à Winneway.
On a signé une entente de collaboration en 2022 incluant les communautés de Timiskaming First Nation et Kebaowek avec la Sûreté du Québec et le ministère de la Sécurité publique pour augmenter la présence policière à Winneway. Ça fait quatre ans que cette entente a été mise en place, mais ça ne convient pas encore, affirme le chef Steeve Mathias.
Elle donne aussi 30 jours aux gouvernements pour s’engager à conclure une entente pour rétablir et maintenir un service de police anishnabe à Winneway.

La Première Nation de Long Point, située au Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Ça veut dire un nouveau poste de police, puis un budget pour l’opération de ce nouveau poste de police, et qu’on va déterminer le nombre de policiers qu’on devrait avoir. Il faut qu’on soit en mesure d’opérer à partir du 31 mars 2028, insiste M. Mathias.
Ce dernier se dit à bout de patience, 20 ans après la fermeture et le démantèlement du poste de Winneway, survenu en 2006. Il est temps de passer de la parole aux actes en cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, selon lui, et de cesser toute forme de chantage.
On se fait tout le temps dire par le gouvernement du Québec que, tant qu’on n’a pas l'assise territoriale, qu’on ne règle pas le statut de réserve à Winneway, il n’y en aura pas de corps de police.
Pourtant, ils ont fait une première pelletée de terre avec une communauté sur la Côte-Nord, Pakua Shipi, pour ne pas la nommer, avec l'annonce d'un nouveau poste de police, un investissement de 13 millions de dollars. C’est une communauté qui n’a pas un statut de réserve. Ils sont considérés comme un établissement indien, comme nous, à Winneway, déplore-t-il.

La Première Nation de Long Point, dans l'est du Témiscamingue, n'a plus de poste de police depuis 2006. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Si, dans 10 jours, les deux gouvernements et la Sûreté du Québec n’ont pas confirmé par écrit leur intention de répondre à ses demandes, la Première Nation de Long Point entamera des démarches pour porter le dossier devant la Cour supérieure pour obtenir une injonction interlocutoire et permanente ou toute autre procédure nécessaire.
Services de santé menacés
Steeve Mathias évoque des enjeux de sécurité pour réclamer qu’on règle ce dossier une fois pour toutes. Il en va même de la survie de la clinique de santé de Winneway, selon lui.
Les infirmières, avec leur fonction, s'exposent à des risques, à de la violence quand il y a des victimes, de l’abus d’alcool ou de drogues. Elles ne se sentent plus à l'aise de travailler dans un contexte comme ça.
Les infirmières nous ont mis beaucoup de pression. On est en train de former des agents de sécurité de la communauté pour mieux encadrer notre clinique de santé. On veut donner un environnement de travail sécurisé aux infirmières, sinon, elles voudraient s'en aller, précise M. Mathias.


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