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Desserte policière à Winneway : Ian Lafrenière accusé de vouloir « diviser »

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Le vice-chef de la Première Nation de Timiskaming, Sean McLaren, accuse le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, de vouloir « diviser pour mieux régner » dans le dossier de la desserte policière dans les communautés autochtones du Témiscamingue.

Sur les ondes de Radio-Canada lundi, le chef de la Première Nation de Long Point, Steeve Mathias, a réitéré sa volonté d’obtenir une desserte policière dans la communauté située à Winneway.

Mardi, le ministre, également responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, a réagi en soutenant que le processus n’était pas simple, mentionnant entre autres des enjeux de financement et de reconnaissance d’un statut de conseil de bande.

Un panneau arrêt écrit en langue anishnabe.

La Première Nation de Long Point, au Témiscamingue, n'a pas de statut de réserve au sens de la loi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

La solution, c’est de faire une régie de police avec les trois communautés ensemble, a affirmé Ian Lafrenière. Il y aura le poste de police par la suite, mais on ne peut pas nous demander de bâtir un poste avant de commencer à patrouiller, a mentionné le ministre au sujet du bâtiment que M. Mathias souhaite voir être construit dans sa communauté.

Des versions divergentes

Selon M. Lafrenière, les communautés de Kebaowek et de Timiskaming ont quitté la table de négociations en raison du cul-de-sac dans lequel étaient entrées les discussions.

On veut régler ça, ça fait depuis 2021 qu’on le veut, assure-t-il. Les deux communautés voisines le veulent. Elles ont claqué la porte parce qu’elles n’étaient plus capables, parce qu’on n’arrivait pas à rien. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont elles.

Ian Lafrenière près d'un agent et de son camion de police de Timiskaming.

Ian Lafrenière, lui-même ex-policier pendant près de 20 ans, a discuté d'enjeux avec les agents de la Première Nation de Timiskaming lors de son passage dans la communauté en août dernier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Le vice-chef de la Première Nation de Timiskaming, Sean McLaren, n’est pas d’accord avec cette version des faits.

Ce que le gouvernement fait, c’est divide and conquer. Ils voulaient donner un petit peu plus ici et un peu moins là pour faire une division. C’est pas correct. Nous, on voulait avoir les trois communautés avec les mêmes services, affirme-t-il.

C’est de valeur, poursuit M. McLaren. Ce que M. Lafrenière a oublié de dire, c’est que tout était préparé, c’était tout fait. Il restait juste au ministère et au gouvernement à signer et donner aux trois communautés ce dont elles ont besoin pour vivre et avoir une bonne justice dans leur communauté.

Selon lui, le gouvernement proposait des services moindres à la communauté de Long Point.

Juste parce que nous autres, on a peut-être une plus grosse population, on a les ressources ici parce qu’on a le grand chemin qui passe dans notre communauté, ça ne veut pas dire qu’on devrait avoir plus qu’eux autres. On devrait avoir tous les mêmes services, les trois communautés, pas une plus que l’autre, insiste M. McLaren.

Un délai de 2 h

La communauté de Long Point est présentement desservie par la Sûreté du Québec, dont le poste le plus près est situé à Ville-Marie, à environ 100 kilomètres.

Le panneau qui annonce le poste principal de la MRC de Témiscamingue.

Le poste de la SQ au Témiscamingue est situé à Ville-Marie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Même si la communauté n’est pas dans leur juridiction, des patrouilles de Timiskaming s’y rendent aussi pour donner un coup de main.

On envoie nos policiers aller se promener là-bas, même sans juridiction, parce que nous autres on se dit : ''Maudit, ils ont besoin d’un support là-bas''. Honnêtement, la Sûreté du Québec y va une fois par jour parce qu’ils n’ont pas le choix d’y aller. C’est 2 heures. Tu appelles les policiers pour quelque chose, et c’est 2 heures. Un gars fou qui part avec une carabine, en 2 heures il peut faire un méchant carnage. C’est ça qu’on ne veut pas, conclut Sean McLaren.

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