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Des usines de constructeurs automobiles étrangers en Ontario : une demande réaliste?

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Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, invite les constructeurs automobiles étrangers à s’implanter au Canada. Toutefois, selon des experts, attirer ces entreprises est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

L’élément clé pour attirer des investissements étrangers reste la relation avec les États-Unis, soulignent toutefois les spécialistes.

Doug Ford en point de presse à Toronto, le 21 janvier 2026.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, souhaite diversifier ses partenaires commerciaux du secteur automobile alors que les relations avec les États-Unis sont tendues depuis l’entrée en vigueur de tarifs douaniers sur toutes les voitures et les pièces automobiles importées. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

L’industrie automobile canadienne existe parce qu’elle fait partie d’une industrie automobile nord-américaine beaucoup plus vaste et intégrée, affirme Brian Kingston, président et chef de la direction à l’Association canadienne des constructeurs de véhicules.

Dans le contexte actuel, il croit malheureusement hautement improbable l’arrivée de nouveaux investissements.

Il explique que, pour être viable, un constructeur automobile doit produire au moins 200 000 véhicules par an.

Le marché canadien, à lui seul, est trop petit pour justifier que de nombreux constructeurs y exploitent des usines d’assemblage à grande échelle.

Le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique est donc essentiel, selon lui.

Yan Cimon en entrevue vidéo.

Se tourner vers les constructeurs étrangers n’est pas vraiment une solution à court terme, croit Yan Cimon, professeur agrégé au département de management à l’Université Laval.

Photo : Radio-Canada

Avec l’accès au marché américain qui est devenu compliqué, il serait moins intéressant pour les constructeurs étrangers de venir s’installer ici, ajoute Yan Cimon, professeur agrégé au département de management à l’Université Laval.

Si ces constructeurs-là veulent rembourser leur investissement en capital le plus vite possible, il faudra qu’ils aient un accès au marché américain d’une façon ou d’une autre et sans cet accès ou avec un accès réduit, ça devient moins intéressant de venir investir au Canada, explique M. Cimon.

Ça devient difficile de faire un dossier d’affaires suffisant pour permettre des investissements massifs dans la fabrication de véhicules.

Ce n’est pas impossible, mais c’est un pari difficile à relever pour un constructeur qui viendrait chez nous et qui voudrait avoir des assurances d’accès à certains marchés, dit-il.

M. Cimon souligne que le Canada reste concurrentiel et une avenue intéressante, notamment en raison de sa main-d’œuvre extrêmement qualifiée et de ses politiques publiques très avantageuses.

Jim Stanford.

« Il est très important que le Canada attire des investissements automobiles provenant de partout dans le monde », croit Jim Stanford, économiste en chef du Centre for Future Work. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Corentin Mittet-Magnan

L’avenir du secteur reste un choix de politique publique, dit le professeur.

Lundi, le premier ministre ontarien a rencontré la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, à Queen's Park. Ils ont alors annoncé la mise en place d'une « stratégie automobile ».

Celle-ci devra être très robuste afin de garantir que les entreprises, peu importe où elles sont basées dans le monde, considèrent le Canada comme un endroit attrayant et rentable pour construire des véhicules, soulève Jim Stanford, économiste en chef du Centre for Future Work.

Des camionnettes Silverado dans la chaîne d’assemblage et une travailleuse à l’usine de GM à Oshawa, le 22 février 2022.

Selon le Guide de l’auto, en 2025, General Motors a dominé le marché des ventes de véhicules pour une troisième année de suite avec une part de marché de 15,5 %, alors que Ford est arrivé en deuxième position. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Je pense que c’est le début de nouvelles opportunités pour le marché automobile canadien, ajoute Daniel Ross, directeur principal des études sectorielles de Canadian Black Book.

Cela dit, sans la présence des constructeurs américains, il y aurait un manque, consent-il. [Les constructeurs américains] disposent de certaines des plus grandes capacités de production de véhicules au monde.

Par ailleurs, ils constituent une composante majeure des marques vendues au Canada, note M. Ross. Nous sommes un très grand marché pour les camions, notamment les camionnettes [pick-up].

Une bonne idée en théorie

Plus il y a d’investissements dans l’industrie automobile, mieux c’est pour le secteur et pour l’économie, consent Brian Kingston.

Brian Kingston.

Avant d’envisager de nouveaux investissements ou de nouvelles usines au Canada, il faut d’abord protéger les usines déjà en place et s’assurer que la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) se passe bien, estime Brian Kingston, président et chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Lorsqu’un constructeur s’implante au Canada, il crée une chaîne d’approvisionnement. De nombreux fournisseurs de pièces et de composants gravitent autour des usines, ce qui rend ultimement l’industrie plus efficace [et le secteur plus compétitif], explique-t-il.

Nous devrions aspirer à devenir une puissance automobile, attirer davantage d’investissements et jouer ultimement un rôle encore plus important dans la transition vers l’électrification.

Il y aurait plus d’emplois, plus d’entreprises contribuant à l’économie et davantage d’investissements au Canada, ajoute Dave Power, responsable national du secteur automobile à KPMG au Canada.

Selon lui, les Canadiens préfèrent d’ailleurs que leurs voitures soient construites ou assemblées au Canada. C’est important pour eux, dit-il, notant qu’ils auraient probablement plus de choix.

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