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Une mobilisation citoyenne s’organise contre le projet de construction d’une tour à logements de 17 étages à Rimouski. Des citoyens sont préoccupés de voir un immeuble d’une telle hauteur surgir dans le paysage du district Saint-Germain.
Quentin Duboc et Tom Jacques font partie du lot. Les deux résidents de Rimouski se questionnent si un immeuble d’une ampleur du projet du Phare est ce qu’il faut pour leur ville.
Est-ce que c’est vraiment quelque chose qu’on veut pour Rimouski, d’avoir un bâtiment aussi haut dans le paysage, aussi proche du fleuve ? , se questionne Quentin Duboc. Ça va créer, ça va projeter une ombre sur les environs, sur les logements sur le quartier , renchérit-il.
Est-ce que c’est vraiment nécessaire d’avoir la plus haute tour à l’est de Québec ?

Tom Jacques (à gauche) et Quentin Duboc (à droite) sont deux citoyens de Rimouski. Ils sont les instigateurs d'un groupe de mobilisation citoyenne.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
La Ville de Rimouski a adopté le 9 mars dernier un projet de règlement qui accorde une dérogation au promoteur du projet, le Groupe DTM, quant à la hauteur du bâtiment, qui dépasse les douze étages habituellement autorisés.
La hauteur maximale autorisée dans la zone passerait ainsi de 40 à 53 mètres, ce qui n’enchante pas les deux citoyens.
On est pour la densification au centre-ville […], mais, en fait, nous, on pose cette question-là : on doit densifier, mais à quelle hauteur ? On pense aussi qu’on doit quand même essayer de faire une densification douce, à plus petite échelle , soutient Tom Jacques.
Est-ce que ça pourrait créer un précédent qui ferait en sorte que d’autres bâtiments comme ça pousseraient dans le paysage ? , redoute de son côté Quentin Duboc.
La modification réglementaire s’appliquerait plus largement à un secteur délimité par la rue Saint-Germain au sud, allant jusqu’au fleuve, et permettrait le réaménagement de terrains vacants.
Résident du quartier, Gilles Légaré craint pour sa part que la hauteur de la tour ait un impact sur la qualité de vie de tous les Rimouskois.
Ça va enlever quelque chose qui est précieux à Rimouski, la vue sur le fleuve que l’on a. Ça va l’enlever pour tous les citoyens du secteur, mais tous les gens qui passent dans le coin et qui regardent par là , fait valoir M. Légaré.

Gilles Légaré précise qu'il parle en son nom et qu'il ne fait pas partie du groupe de citoyens qui se mobilisent.
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
De son côté, le promoteur soutient que son projet ajoutera 136 logements sur le marché dans un contexte de pénurie , en plus de densifier un terrain du centre-ville déjà minéralisé.
Dans le cas du Phare, les études réalisées démontrent que le site est adéquat pour l’empreinte proposée. À ce stade, certaines oppositions relèvent davantage d’une position idéologique que d’une lecture objective des besoins et des analyses, soutient par écrit le président-directeur général du Groupe DTM, Miguel Perreault.
Comme développeur régional, nous croyons qu’il est de notre devoir d’optimiser et de densifier les sites disponibles qui s’y prêtent.

Le Phare mesurera 52 mètres. Les 140 logements seront aménagés entre le 5e et le 17e étage. Les étages inférieurs comprendront des commerces, les aires de stationnement et les espaces communs aux locataires. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté: Graph Synergie/LIVYA
M. Perreault ajoute que ces 136 unités sont aussi des maisons qui pourront être libérées ou qui ne seront pas achetées, au bénéfice de jeunes familles et d’autres ménages de la région.
Or, pour Tom Jacques, cet argument ne tient pas la route. On n’est pas certain que ces gens-là vont libérer des maisons, et, en plus, ces maisons-là vont être libérées pour des gens aisés, pas pour la majorité de la population , croit-il.
On ne pense pas que c’est la solution la plus efficace contre la crise du logement.
Ces citoyens comptent bien assister à l’assemblée publique de consultation qui aura lieu lundi soir à l’hôtel de ville, où les citoyens et les groupes pourront s’exprimer sur le projet de règlement et ses impacts.
Le projet de règlement ne prévoit toutefois pas de disposition pour tenir un référendum.


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