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Des retraités d’Alcan se souviennent de l’émeute de 1976

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Une vingtaine d'anciens travailleurs d'Alcan ont souligné les 50 ans d'une manifestation particulièrement violente lors du lock-out de 1976, mercredi matin, au parc des Vétérans d'Arvida.

Lors de ce qu'ils appellent le jeudi de la matraque, l'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec (SQ) était intervenue.

Le 14 octobre 1976, les travailleurs d'Alcan des usines d'Arvida et d'Alma, des centrales hydroélectriques et des installations portuaires étaient en conflit de travail depuis plus de quatre mois en raison d’un lock-out.

Partout au pays, plus d'un million de travailleurs manifestent pour dénoncer la loi C-73 du gouvernement canadien, répondant à l'appel du Congrès du travail du Canada. À Arvida, ils sont alors 4000 et la tension monte.

Le fait d'amener l'anti-émeute là, c'était de la provocation contre les syndiqués. Tout était paisible, tout était correct jusqu'à ce que ça arrive, s’est rappelé Rénald Plamondon, un ancien employé d’Alcan.

En fin d'après-midi, les policiers armés de leur matraques avaient tenté de disperser la foule. Quand ils ont foncé sur nous autres, c'est arrivé vite, se souvient-il encore.

Les travailleurs révoltés s'en prennent à leur tour aux policiers de la SQ et renversent les véhicules de patrouille. Six policiers sont blessés pendant l’échauffourée.

Des bombes lacrymogènes

Un hélicoptère survole la scène et est utilisé pour lancer plus d'une quarantaine de bombes lacrymogènes sur la foule jusqu'au Carré Davis, à Arvida.

Image d'archive avec des travailleurs de dos. Il y a de la fumée au loin.

Le conflit entre Alcan et ses employés a été particulièrement violent (Photo d'archives).

Photo : Radio-Canada

Les journaux de l'époque rapportent que des civils et des enfants sont pris dans cette émeute.

Cinquante ans plus tard, par une météo semblable, ils étaient beaucoup moins nombreux à manifester pour revenir sur cette journée importante. Des témoins de cette époque-là, il n'en reste pas tant que ça. C'est des gens qui ont 75 ans et plus, tient à rappeler Mishell Potvin, lui aussi un ancien travailleur de l’aluminerie et administrateur de l’Association des retraités syndiqués de Rio Tinto Alcan.

Mishell Potvin.

Mishell Potvin est un retraité d’Alcan

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

Le lock-out de 1976 a pris fin le 14 novembre, après l'intervention d’un médiateur.

Si c’était à recommencer aujourd'hui, ça ne serait pas pareil. Affronter les policiers... Il y aurait d'autres moyens à prendre. En fin de compte, on s'est ramassé 35-40 gars accusés au criminel, note M. Plamondon.

Mishell Potvin note que deux jours après la fin du lock-out, l'avocat des syndiqués, Claude Vaillancourt, a été élu dans Jonquière dans la vague péquiste lors de l’élection du premier ministre René Lévesque.

Le ministre du Travail, Pierre-Marc Johnson, a ensuite fait adopter une loi qui viendra changer la dynamique des conflits de travail dans la province.

Une demande de reconnaissance à la Ville

Ces retraités ont profité de l'occasion pour demander à la Ville de Saguenay de rendre hommage aux anciens travailleurs de l'Alcan qui ont contribué à l'effort de guerre.

Ils demandent à la Ville de Saguenay d'honorer la mémoire des travailleurs et des travailleuses qui ont produit l'aluminium pour les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Audrey Lapointe et Jimmy Bouchard.

La conseillère municipale Audrey Lapointe et le nouveau député de Jonquière, Jimmy Bouchard, étaient présents à la commémoration.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

On voudrait que ces gens-là soient reconnus au même titre que les militaires qui ont été reconnus, a dit Mishell Potvin.

Cette demande résonne chez les élus qui ont participé à la commémoration des 50 ans de l’émeute des travailleurs en lock-out.

On va essayer de travailler quelque chose. La demande est vraiment légitime. Je n'ai pas de baguette magique pour vous ce matin, mais j'ai l'oreille très attentive, a répondu la conseillère municipale Audrey Lapointe.

Il y a une importance de le souligner, maintenant pour la reconnaissance, on verra ce qu'on peut faire en partenariat avec la Ville. C'est légitime de reconnaître ce que les travailleurs ont fait pendant une centaine d'années et particulièrement pendant la Deuxième Guerre mondiale, a souligné le nouveau député de Jonquière et ancien conseiller municipal, Jimmy Bouchard.

Les anciens travailleurs réitèrent que les conditions actuelles des travailleurs de Rio Tinto découlent des luttes ouvrières menées il y a 50 ans.

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