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Des radios communautaires, ces « médias de proximité », voudraient plus de reconnaissance

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Le milieu communautaire et les médias font face à des défis de taille. Le financement est souvent au cœur des récriminations. Avec ce genre d'enjeux : comment se portent nos radios communautaires? Elles ont à cœur leur lien avec la population et elles souhaitent davantage être reconnues.

Samedi matin, au micro de CIGN FM, l'animateur Martin Auger partage des éphémérides sur sa région. À Coaticook particulièrement, je trouve que les gens sont très proches de leur région, très impliqués, surtout au niveau culturel, dit-il entre deux interventions. C'est ce que remarque le plus depuis que je fais de la radio. 

Ce lien avec la communauté est précieux. Les radios communautaires en font leur mot d'ordre.

Il y a comme un microclimat ici à Coaticook, explique le directeur général de la station, Pascal Gervais. Tout va bien. Les gens nous supportent, la Ville nous supporte, donc c'est vraiment intéressant pour nous autres.

Un homme qui sourit.

Pascal Gervais est le directeur général de CIGN FM, à Coaticook.

Photo : Radio-Canada / Arianne Béland

Le directeur aimerait toutefois sentir davantage l'appui des gouvernements. Un avis qui retentit jusqu'à Sherbrooke, dans les locaux de CFLX. On est à la fois communautaire et culturel, deux parents pauvres de la société, explique sa responsable, Sylvie L. Bergeron.

Ces stations-là reçoivent un financement du gouvernement, mais ce financement est très minimal. Il ne couvre même pas le salaire d'un employé par année. [...] Il faut que ce soit réfléchi, il faut que ce soit revu et mis à jour.

Afin de poursuivre leurs activités, les radios communautaires comptent sur les revenus publicitaires, mais aussi sur les bénévoles. Pour certains, des jeux de hasard, comme le bingo, sont une source de financement qu'ils souhaitent garder à tout prix. Pour nous c'est vraiment important, ça mobilise. On fait des soirées bingo, le dimanche, et ça fonctionne vraiment, explique Pascal Gervais. 

Selon lui, au-dessus de 18 000 personnes syntonisent CIGN FM chaque dimanche pour participer au bingo.

On fait autre chose, mais ça demande de l'énergie, mentionne Sylvie L. Bergeron. Parfois, on peut dire qu'on est ''à boutte''.

Malgré les défis, les deux radios communautaires s'accrochent à leur mission : entendre et parler aux gens de leur communauté. C'est un média de proximité qui fait ce que les autres ne peuvent pas faire aussi, c'est une alternative, soutient la responsable de CFLX.

Une femme qui parle dans un micro de radio.

Sylvie L. Bergeron est la responsable de la radio communautaire sherbrookoise CFLX FM.

Photo : Radio-Canada / Arianne Béland

La journaliste indépendante et auteure de l’essai Extinction de voix : plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale, Marie-Ève Martel, explique que les déserts médiatiques peuvent être propices à la naissance de médias communautaires.

C'est-à-dire que le média professionnel va se retirer, faute de financement, ce n'est plus rentable et la communauté va prendre sur elle de s'informer et puis là, ça peut donner naissance à des médias communautaires.

Ça démontre qu'il y a un réel besoin.

Joint par Radio-Canada, le ministère de la Culture et des Communications n'a pas été en mesure de nous accorder une entrevue.

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