NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Benoit Monette est un cuisinier polyglotte. Il estime avoir « gagné à la loterie de la vie », entre autres parce qu’il est un homme, blanc, qui vit dans un pays en paix, et qu’il est en bonne santé. Il est aussi propriétaire de sa maison, où il accueille depuis plusieurs années des personnes en quête d’un toit.
Zouhir Dib a la nationalité algérienne, même s’il a grandi au Vietnam. Il est arrivé à Montréal avec un visa étudiant et a obtenu un diplôme à l’Université du Québec à Montréal. Mais, durant la pandémie, les résidences universitaires ont fermé. C’est grâce au programme de cohabitation de l’organisme d’accueil des immigrants La Maisonnée qu’il a rencontré une personne, puis une autre, avec qui cohabiter.
« La Maisonnée a contacté une personne qui souhaitait recevoir un nouvel arrivant, raconte-t-il. On s’est entendus sur plusieurs détails, sur le prix, l’endroit, le logement, etc. » Dans un premier temps, Zouhir Dib a cohabité avec un homme d’origine haïtienne qui était aussi locataire.
« Il voulait de la compagnie. Mais, en même temps, il ne pouvait pas m’héberger gratuitement non plus, vu les dépenses qu’il y avait, tout ce qui concerne l’électricité, les courses, la nourriture et les imprévus. Donc, on s’est entendus, et la Maisonnée était témoin de cette entente. »
Lorsque son hôte a fait venir sa fille d’Haïti, Zouhir a dû retourner à la Maisonnée, qui l’a cette fois associé à Benoit Monette. C’est avec lui qu’il habite donc depuis trois ans.
L’an dernier, La Maisonnée a dû mettre la hache dans son programme de soutien à la cohabitation, la Ville de Montréal ayant retiré la subvention entourant son fonctionnement. Ce n’est pas parce que les besoins ont disparu. « On avait une liste d’attente de 80 personnes », précise-t-on à La Maisonnée.
Un nouveau modèle
Pendant ce temps, dans les Laurentides, deux femmes à la retraite, Pauline Filiatrault et Lorraine Lanthier, tentent aussi de mettre sur pied un projet de studios communautaires assortis d’une plateforme qui permettrait d’associer des gens désirant cohabiter.
« Moi, l’expérience de vie communautaire, je l’ai eue dans le temps des communes, raconte Pauline Filiatrault. Je suis assez vieille pour ça. Le vivre-ensemble, c’est une notion que j’ai déjà expérimentée. »
Durant la COVID-19, elles ont élaboré un projet de laboratoire de solutions et d’innovation avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). « On a créé un modèle de studio communautaire qui a été approuvé par la SCHL, mais qui, actuellement, n’a pas de prototype, dit-elle. On s’intéresse à la cohabitation parce qu’il y a une crise du logement. »
Leur modèle propose des logements comptant quatre chambres et quatre salles de bain, assortis d’espaces communs partagés. « Ce pourrait être un bâtiment de genre duplex, où quatre personnes vivraient en bas et quatre personnes au deuxième étage de façon indépendante », dit Lorraine Lanthier.
Elles souhaiteraient aussi concevoir une plateforme où les gens en quête d’un logement, et ceux qui souhaiteraient partager le leur pourraient s’inscrire. Elles-mêmes ne cherchent pas à cohabiter, mais elles constatent que des personnes âgées de leur entourage, qui aimeraient le faire, sont freinées par des désincitatifs fiscaux.
« Actuellement, quand les gens veulent vivre avec quelqu’un d’autre, il y a des pénalités pour l’aide sociale, il y a des pénalités pour les subsides des aînés. On réduit des revenus, et ça empêche les personnes de faire un projet de vie ensemble », constate Pauline Filiatrault, qui vit aujourd’hui dans la coopérative qu’elle a fondée.
Pour elles, le gouvernement devrait au contraire encourager avec des primes les gens qui cohabitent.
« Ce qui existe présentement, c’est un peu comme la location de chambre dans une maison privée. Nous, on voudrait associer deux personnes qui n’ont pas de logement ou qui veulent se loger à meilleur coût, qui sont prêtes à cohabiter. On voudrait favoriser ces rencontres-là, et faire aussi des évaluations pour voir les compatibilités. Parce que ça a de l’importance que les gens qui vivent ensemble soient à l’aise et que ce soit harmonieux », ajoute Lorraine Lanthier.
L’exemple du Saguenay
Les deux femmes s’inspirent de l’organisme Cohabitation Saguenay, un organisme à but non lucratif qui facilite la cohabitation intergénérationnelle et sociale depuis 1987, et dont la clientèle cible est la population âgée de 60 ans et plus, même si un volet s’adresse à tous les adultes.
« On trouve des cohabitations, mais c’est vraiment un processus qui est surveillé et encadré, explique Émilie Turcotte, responsable de la coordination et des communications. On fait une première évaluation au téléphone pour voir si la personne cadre dans nos services ou non. Il ne faut pas qu’elle soit en situation de désorganisation. Il faut que sa santé physique et mentale soit bonne. On essaie ensuite d’évaluer toutes les sphères de la vie de la personne : comment elle se sent, si elle a un bon réseau, si elle a du soutien, ce qu’elle préfère, ce qu’elle ne voudrait pas, quelles sont ses valeurs. On prend aussi des photos de la maison chez les gens qui veulent accueillir. On demande deux références, et on vérifie aussi les antécédents judiciaires de la personne. »
Une fois les références intégrées dans la banque de données, Cohabitation Saguenay contacte des personnes qu’elle considère comme compatibles et leur dresse un portrait de l’autre. « Ce sont les personnes elles-mêmes qui sont responsables de leur mise en contact. » Si le contact est bon, Cohabitation Saguenay propose un essai de quelques jours.
« Après ça, on signe une entente de cohabitation. Ça n’est pas un bail, mais un petit contrat écrit entre les deux », dit Émilie Turcotte. On y met tous les termes de la cohabitation, l’accès aux pièces, mais aussi l’échange de services quand il y en a, que ce soit le déneigement ou les courses.
« Après ça, on fait des suivis téléphoniques pour voir comment ça va. Après trois mois, on retourne à la maison pour voir comment tout le monde va. Mais on reste là tout au long du jumelage ou du processus. S’il y a un pépin, s’il y a un questionnement pour faire de la médiation, on est toujours en soutien auprès de nos utilisateurs », dit-elle.
Ensemble, soutenons la réflexion
Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.


3 month_ago
32



























.jpg)






French (CA)