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Quatre communautés des Premières Nations de l’Abitibi-Témiscamingue et de l'Outaouais dénoncent un traitement qu'elles jugent inégal de la part d’Hydro-Québec à l’égard des différentes communautés autochtones en lien avec des projets de développement hydroélectrique.
Les chefs des Premières Nations Anishinabeg d'Abitibiwinni, Lac-Simon, Kitcisakik et Kitigan Zibi disent constater un contraste saisissant avec l'attitude adoptée envers différentes Premières Nations.
Par voie de communiqué, ils soulignent avoir signé le 15 juillet 2024 une entente de principe avec le gouvernement du Québec afin de conclure un règlement pour des préjudices historiques causés par les aménagements hydroélectriques sur leur territoire.
Ils stipulent que les négociations entourant cette entente ont été interrompues unilatéralement par Hydro-Québec en juillet 2026, en raison de désaccords portant sur les aspects financiers.

Chantal Kistabish, cheffe de la Première Nation Abitibiwinni. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
La décision d'Hydro-Québec de couper les discussions avec les Anishnabeg contraste avec l'ouverture dont la Société d'État fait preuve dans d'autres dossiers lorsqu'elle juge économiquement opportun de poursuivre le dialogue, dénonce la cheffe de la Première Nation Abitibiwinni, Chantal Kistabish.
Deux poids, deux mesures
Sans nommer directement Pessamit, dont les membres de la communauté ont récemment rejeté une entente qui aurait généré jusqu’à 7 milliards de dollars sur 50 ans, les chefs déplorent un traitement différencié selon le potentiel de développement hydroélectrique associé au territoire des Premières Nations concernées.
Nous sommes profondément préoccupés de constater qu'Hydro-Québec semble réserver ses efforts de dialogue aux communautés dont les territoires présentent un intérêt stratégique pour ses projets énergétiques, alors que les communautés ayant subi des impacts historiques, mais présentant moins de potentiel énergétique à court terme, sont écartées de toute démarche sérieuse, mentionne par communiqué le chef Jean-Guy Whiteduck, de la Première Nation de Kitigan Zibi.

Le chef de Kitcisakik, Edouard Brazeau. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté
Les droits des Premières Nations ne sont pas fonction du nombre de mégawatts additionnels qu'elles peuvent offrir.
Les chefs demandent au gouvernement du Québec et à Hydro-Québec d’assumer leurs rôles respectifs et d'appliquer les mêmes principes d'équité à l'ensemble des Premières Nations.
Les obligations constitutionnelles de la Couronne, tout comme le devoir de consultation et l'obligation d'agir honorablement envers les peuples autochtones, s'appliquent à toutes les Premières Nations sans distinction, ajoute le chef de la Première Nation de Kitcisakik, Édouard Brazeau, également par communiqué.
Prêts à se rasseoir à la table
En entrevue, Jean-Guy Whiteduck assure que les Premières Nations Anishinabeg sont prêtes à se rasseoir à la table de négociations.

Jean-Guy Whiteduck est le chef de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Félix Pilon
Nous, on n'a jamais fermé cette porte-là, mais il faut que ce soit équitable aujourd'hui et à long terme. Les retombées à long terme, il faut que ce soit là aussi. On regardait les autres ententes qu’ils ont signées, ce n'est pas les meilleures ententes pour les Premières Nations. Les Cris, par exemple, ce qu'ils ont eu, ce n'est pas fantastique non plus parce que les barrages sont là, ils continuent à aller chercher des revenus importants chaque année et ces retombées devraient être continues pour les Premières Nations. Si c'est continu pour Québec, ça doit être continu pour les Premières Nations, aussi, insiste-t-il.
Hydro-Québec se dit ouverte
Dans une déclaration écrite, Hydro-Québec assure avoir négocié de bonne foi et dans le respect avec les quatre communautés Anishnabeg et que des progrès significatifs ont été réalisés. La société d'État affirme respecter les principes de réconciliation et avoir formulé des propositions cohérentes avec les ententes existantes et un traitement équitable des communautés, sans négliger le contexte et les enjeux propres à chacune.
Malgré les efforts déployés de part et d'autre, les échanges n'ont pas permis de réunir les conditions nécessaires à la poursuite des négociations à court terme. Cette conclusion ne remet toutefois pas en question la poursuite de nos relations avec les communautés ni notre disponibilité à échanger avec elles. Puisque les échanges entre les parties sont de nature confidentielle, nous ne commenterons pas davantage, écrit Hydro-Québec.
Avec la collaboration d'Alexandra Angers.


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