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Sans patrouilles policières dans sa communauté depuis un mois, le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, s'impatiente et presse Québec d'accélérer le pas. Des discussions sont en cours pour que le service de Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam y soit déployé, mais le processus est trop lent, selon lui.
Ces discussions ont été amorcées à la suite d’une intervention musclée de la Sûreté du Québec et d’agents de la faune dans la communauté innue en février dernier.
Depuis cet événement, le lien de confiance entre le corps de police et la communauté a été rompu, selon le chef Jean-Charles Piétacho, qui souhaite ramener un service police autochtone dans sa communauté depuis plusieurs années.

Une intervention de la SQ et des agents de la faune en février a ébranlé des membres de la communauté innue, dont le chef Jean-Charles Piétacho. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Je suis déçu du processus.
Bien que les conseils de bande des deux communautés ont adopté des résolutions afin de signifier leur intérêt de travailler conjointement sur ce dossier, le projet pourrait s’avérer plus complexe que ne l’avait prévu le chef innu.
Il dit avoir été refroidi par la charge administrative. Un comité de négociations devra être formé et financé. Une étude devra être effectuée et le dossier devra être négocié avec Québec et Ottawa.
Jean-Charles Piétacho demande plutôt le déploiement de ressources de la SPUM à court terme, voire immédiatement. Le chef innu affirme que les discussions sur la formation d'un corps de police local géré par la communauté pourront être entamées à une date ultérieure.
Plus facile à dire qu’à faire
De son côté, le directeur de la SPUM, Carl Jourdain, se dit ouvert au projet, mais juge que le déploiement immédiat de ressources est impossible.
Il estime que douze patrouilleurs devront être recrutés pour desservir la communauté, située à deux heures de route de Uashat mak Mani-utenam.
Si la loi 13, adoptée avant le congé de Pâques, permet de faciliter le déploiement d’un corps policier autochtone dans une autre communauté voisine, la réalité du terrain est difficile à contrecarrer.
Il faut regarder les infrastructures qui sont disponibles à Ekuanitshit. Est-ce qu’on va avoir un poste de police? Il faut aussi installer des tours de télécommunication, explique le directeur du service de Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam, Carl Jourdain.

La SPUM compte 28 policiers sur son territoire, selon Carl Jourdain. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon
C’est sûr qu'on ne peut pas débarquer du jour au lendemain. Il faut se préparer pour aller desservir la communauté [d’Ekuanitshit].
Il entend faire une présentation aux membres de la communauté et au conseil de bande d’Ekuanitshit prochainement. Carl Jourdain maintient que le corps de police autochtone a l’expertise pour desservir la communauté innue.
C’est un enjeu légal, répond Québec
Je partage l’impatience [du chef Piétacho]. Cependant, il faut faire les choses légalement, répond le ministre de la Sécurité publique et des Relations avec les Premières Nations et les Inuits, Ian Lafrenière.

Ian Lafrenière rappelle que la loi 13 permet de renforcer la collaboration et le partage de services entre les corps de police autochtones. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le ministre rappelle que pour l’instant, les policiers de la SPUM n’ont pas de juridiction dans la communauté d’Ekuanitshit. S’il arrive quoi que ce soit, ils doivent avoir un pouvoir légal, une assise légale, affirme le ministre.
Il maintient que la collaboration entre les communautés autochtones pour s’équiper de corps policiers autochtones est la voie du succès , mais ce genre de projet peut prendre un peu plus de temps.


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