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Depuis la rentrée, des élèves de Cap-Rouge vivant en dehors des frontières du réseau de transport du Centre de services scolaire des Découvreurs (CSSDD) marchent plusieurs kilomètres matin et soir pour se rendre à l'école. Leurs parents demandent au CSS de réévaluer sa politique.
Chaque matin, Gabrielle Proulx-Nolin dépose sa fille de maternelle à l’autobus scolaire pour qu'elle se rende à l'école Marguerite D'Youville. Sa sœur aînée, en deuxième année, doit cependant rester sur le trottoir.
Si la politique du centre de services scolaire fixe la limite d’admissibilité au transport à 800 mètres pour les élèves du préscolaire, elle est repoussée à 1,6 km à partir de la première année.
Ça rend nos matins chaotiques, explique la mère de trois enfants, dont le dernier est à la garderie. L'autobus n'est pas plein. C'est complètement illogique vu de l'extérieur.

Plusieurs élèves marchent au moins 25 minutes chaque matin pour se rendre à l'école Marguerite D'Youville.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Elisabeth Martin a également dû revoir l'organisation de sa routine. Ses deux premiers enfants, qui vont à la même école, sont dans la même situation, l’un étant en maternelle, l’autre au premier cycle.
Auparavant, les familles en dehors de la zone scolaire délimitée inscrivaient leurs enfants à des places excédentaires payantes. Le service leur a néanmoins été refusé cette année, selon plusieurs. Depuis la rentrée, une cinquantaine d’enfants de l’école doivent donc s'y rendre à pied.
On avait le choix avant en payant pour les places excédentaires. Là, on n’a plus ce choix-là, déplore Vincent Normand, un père de famille. Ces enfants doivent soit marcher, soit être déposés par leurs parents. Ça complique encore plus une dynamique familiale qui est déjà souvent complexe.
Le CSSDD recommande des trajets alternatifs
Le CSS des Découvreurs se défend d’être insensible à la situation et assure que la sécurité des élèves demeure [sa] priorité.
La conseillère en communication du CSSDD, Marie-Ève Malouin, indique que plusieurs mesures de sécurisation sont d’ailleurs en place dans le secteur, comme des trottoirs, des traverses piétonnes et des brigadiers scolaires. Le Centre suggère également d’emprunter des chemins alternatifs.
Quant aux places excédentaires, il explique les refus par l’évolution de la réalité des besoins en transport ces dernières années, notamment avec l’utilisation accrue du service de garde par certaines familles.
Le CSSDD indique également que le parcours 49, que prenaient les élèves de Cap-Rouge, n’a pas été aboli mais a plutôt été réorganisé pour desservir les élèves qui y ont droit, notamment en raison des chantiers du tramway sur le territoire.
Les aménagements urbains restent néanmoins insuffisants, selon ces parents, surtout depuis que le secteur s'est densifié. La politique actuelle présume que des enfants de première année, qui ne peuvent avoir que cinq ans à la rentrée, peuvent marcher seuls sur un trajet de plus de 1,5 km, dit Elisabeth Martin.

Une cinquantaine d'élèves de l'école primaire Marguerite D'Youville, dans Cap-Rouge, doivent marcher le matin et après les cours.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Le soir, comme la majorité des élèves restent au service de garde, mes enfants de 8 et 10 ans se retrouvent à marcher pratiquement seuls, ajoute Laurie Fortin, une autre mère de famille.
Depuis la rentrée, plusieurs familles se sont donc organisées pour créer un pédibus. Des parents se relaient à tour de rôle pour accompagner les enfants à pied. Ils appréhendent cependant les matinées hivernales.
Dès que l'hiver va arriver, ça va juste générer encore plus de trafic aux abords des écoles, ce qui peut ajouter aux enjeux de sécurité pour les enfants marcheurs, croit Elisabeth Martin.
Mercredi, ces familles ont déposé une pétition, lancée il y a deux mois en ligne, devant le comité de parents du CSS des Découvreurs. La réception a été favorable, selon eux, puisque des défis similaires auraient été soulevés par d'autres familles du secteur.
Les parents de l’école Marguerite-D’Youville comptent tout de même rester sur leurs gardes. L’an dernier, lors de l’amendement de la politique de transport, le comité de parents avait déjà porté à l'attention du CSS plusieurs critères que nous dénonçons aujourd'hui, mais aucun n'a finalement été retenu, explique Laurie Fortin.
Les parents suggèrent notamment une gradation de la distance pour être admis au transport en fonction des cycles scolaires.


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