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La police de Vancouver a modifié ses procédures sans consulter les organismes du secteur, un manque de concertation qui ébranle une « confiance fragile », selon les experts et défenseurs des travailleurs du sexe.
En 2025, la police de Vancouver a révisé ses directives (nouvelle fenêtre) concernant les procédures à suivre par les agents lorsque des travailleurs du sexe signalent des infractions, réactualisant ainsi un document qui datait de 2013 (nouvelle fenêtre).
L’absence de plusieurs organismes vancouvérois de défense des travailleuses du sexe notamment — WISH, PIVOT, BC Coalition of Experiential Communities, PEERS et PACE — sur la première page de ces directives est constatée avec découragement par ces derniers, qui étaient pourtant parties prenantes lors de l’élaboration des directives précédentes.
Ni nous, ni les autres organisations, n'avions la moindre idée [que les directives] faisaient l'objet d'une révision, résume Angela Wu, directrice de SWAN Vancouver.
Ce fut un choc, affirme pour sa part Caroline Doerksen, travailleuse du sexe et membre du conseil d'administration de la PACE Society.
De plus, bien qu'il date de 2025, le document n'a été publié qu'en avril 2026, à la suite de la création d’un onglet (nouvelle fenêtre)consacré à la sécurité des travailleurs du sexe sur le site Web de la police de Vancouver (VPD), à la demande des organismes.
Ce processus a lui-même dû faire l'objet de consultations avec le milieu, précise le responsable des relations avec les médias de la police de Vancouver, Darren Wong.
Dans la version 2025 des directives, (nouvelle fenêtre) les références aux particularités et à l’histoire du quartier Downtown Eastside en lien avec le travail du sexe sont absentes, tout comme plusieurs autres sections entières.
Exemples de sections retirées des directives de 2013 :
- Lorsqu’il intervient à la suite d’appels ou dans des situations liées au travail du sexe, le Service de police de Vancouver a pour priorité d’assurer la sécurité et la protection des travailleurs du sexe. Les appels à la police concernant des actes de violence à l’encontre de travailleurs du sexe sont traités en priorité, tant au niveau de l’évaluation que de l’intervention.
- Tous les cas de violence ou d’abus à l’encontre de travailleurs du sexe sont traités comme des affaires pénales graves.
- Lorsqu’un travailleur du sexe s’adresse à un agent du VPD ou se présente en personne au commissariat pour signaler des faits de violence, un agent doit être chargé de mener l’enquête.
- La victime ne doit pas être invitée à revenir à un autre moment, ni à rédiger une déposition écrite pour la remettre ultérieurement. Le délai avec lequel la victime porte plainte (par exemple, plusieurs jours ou semaines après les faits) ne diminue en rien la gravité de l’incident et ne doit pas influencer l’intervention de la police.
- Une application sans discernement des lois sur la prostitution peut nuire aux relations entre les travailleurs du sexe et la police et réduire leur capacité à solliciter l'aide de cette dernière.
Source : Directives de la police de Vancouver en matière de travail du sexe datant de 2013.
Un message au milieu et une confiance fragilisée
Pour Mme Wu, l’omission de sections entières rappelant la priorité du service de police vis-à-vis de la sécurité des travailleuses du sexe est intentionnelle et envoie un message clair à la communauté. Elle constate également un changement d’orientation plutôt axé sur l'exploitation ainsi que la traite des personnes et des mineurs, qui deviennent des priorités au détriment de la sécurité des travailleurs du sexe.
Avec ces directives, la police de Vancouver (VPD) donne le ton, et le message qu'elle adopte laisse entendre que les travailleurs du sexe n'ont aucune importance.
Ces changements inquiètent aussi au-delà du milieu du travail du sexe, notamment Andrea Krüsi, criminologue à l’Université Simon Fraser, qui se penche sur les politiques publiques entourant le secteur.
Je crains que ces nouveaux changements ne créent de nouveaux obstacles et ne limitent encore davantage la capacité des travailleurs du sexe à accéder à la justice et à signaler les prédateurs violents à la police, explique-t-elle. Elle pointe également du doigt l’augmentation de la présence policière qui a mené à la fermeture temporaire du bureau de SWAN Vancouver en pleine Coupe du monde de la FIFA.
Pour être honnête, je ne vois pas comment cela pourrait nous redonner confiance dans la police de Vancouver, confie Leaf Henderson, qui travaille dans le milieu du travail du sexe et siège aussi au conseil d’administration de PACE.
Dans une déclaration, le Service de police de Vancouver indique pour sa part que son engagement en matière de sécurité des travailleuses du sexe victime d'infractions reste inchangé.
Le service ajoute que les directives ont été mises à jour afin d’intégrer les nouvelles normes provinciales en matière de maintien de l’ordre, précisant que ce processus a duré environ huit mois et a donné lieu à un examen interne des priorités en matière d’application de la loi.
Avec des informations de Janella Hamilton


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