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Les documents déclassifiés révélant l'infiltration de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein des mouvements autochtones ne causent guère de surprise en Saskatchewan. La province compte l'une des plus populations autochtones les plus importantes au pays. Plusieurs organisations autochtones de la Saskatchewan ont été victimes de cette surveillance dans les années 1970.
Bruce Flamont a passé une grande partie de sa vie à défendre les droits des Métis. Il était notamment un membre important pour l’organisation de rencontre pour les Métis dans les années 1960, avant de devenir le directeur général de la Société des Métis de la Saskatchewan.

Bruce Flamont, âgé de 80 ans, a passé une grande partie de sa vie à défendre les droits des Métis.
Photo : Radio-Canada / Travis Reddaway
Âgé aujourd'hui de 80 ans, il indique ne pas être surpris d’avoir été la cible de l'espionnage de la GRC.
Je suis quelqu'un de méfiant. J'étais déjà comme ça dans les années 60 et 70. On m'a appris à être ainsi, mais je pense que j'avais des raisons d'être méfiant, oui, dit M. Flamont.
À partir de la fin des années 1960, la GRC a notamment payé des informateurs et a utilisé des dispositifs d'écoute clandestine sur fil pour surveiller les activités politiques autochtones. Ces actions ont été menées en raison de crainte de l’influence potentielle de groupes radicaux ou communistes.
La Société des Métis de la Saskatchewan, la Fédération des nations autochtones souveraines et l'ancêtre de la Nation métisse de la Saskatchewan font partie des organisations qui ont été dans la mire de la GRC.
Des événements surveillés par la police
Bruce Flamont a été présent ou a aidé à organiser des événements métis en Saskatchewan qui ont été surveillés par la police locale.
À l’époque, les revendications des Métis de la région portaient notamment sur l’emploi, le logement, l’éducation, les programmes sociaux ainsi que les droits de chasse et de coupe.
Interrogé sur qui aurait pu transmettre l’information à la police, M. Flamont affirme que ses troupes avaient des soupçons.
Une partie de notre rôle, de notre travail, consistait à identifier, au cas par cas, qui étaient, pour employer ce terme, les radicaux. Qui étaient les traîtres et qui étaient les gens fiables.
Il est curieux de savoir qui était l’informateur de la GRC.
Surveillance accrue après une occupation
L’occupation pacifique de 200 jeunes au sein des locaux du département des Affaires indiennes de l’époque, à Ottawa, a été un tournant pour la GRC. Cet événement de 1973 a convaincu le corps policier de se lancer dans un vaste programme de développement de réseaux d'informateurs dans le domaine autochtone, révèlent des documents.
Dans ces documents, Clem Chartier est identifié comme étant l’un de ces occupants. Il a grandi à Buffalo Narrows, dans le nord-ouest de la Saskatchewan, et a notamment occupé des postes de direction au sein des organismes métis au cours de sa vie, tant au niveau provincial que national.

Le nom de Clem Chartier était dans les documents déclassifiés de la GRC.
Photo : Radio-Canada / Travis Reddaway
Il estime qu’il y avait une part de vérité dans l’inquiétude de la GRC sur la radicalisation. L’homme qui écrivait son hebdomadaire explique avoir reçu, dans les années 70, une machine à écrire et une boîte contenant des livres de Mao Zedong, leader du Parti communiste chinois à l’époque.
Âgé de 80 ans, Clem Chartier ne croit pas avoir été surveillé par la police. Pendant sa jeunesse, il se considérait comme un radical, mais il a décidé plus tard de choisir la voie politique de la négociation et de la conciliation.
Dans sa consultation des documents déclassifiés, il s’est dit frappé par le fait que les policiers voyaient les conditions économiques et sociales des Autochtones, ainsi que leur envie d’autonomie gouvernementale.
J'espère que leurs rapports au gouvernement [indiquaient] qu'il fallait remédier à ces problèmes. Ainsi, le risque de radicalisation serait réduit, car les gens n'auront plus de raison de s'engager dans cette voie, mentionne Clem Chartier.
Avec les informations d'Hannah Spray


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