Si des recherches antérieures avaient déjà permis de découvrir la présence de microplastiques, notamment dans les glaces et les eaux de l’Antarctique, une récente étude a apporté du nouveau. Cette fois, les chercheurs ont retrouvé ce type de particules fines dans l’estomac d’insectes endémiques de la région. Or, il est ici question d’une espèce de moucheron que l’on considère comme étant le seul animal exclusivement terrestre de l’Antarctique.
Aller plus loin dans l’étude des microplastiques en Antarctique
Aujourd’hui, les microplastiques (et nanoplastiques) ont colonisé l’ensemble de la biosphère. On les retrouve dans l’air, dans l’eau potable, dans l’alimentation, sur les sommets montagneux et depuis peu, dans les organismes vivants dont le corps humain. Ce genre de pollution persistante est aussi visible dans des régions très isolées comme l’Antarctique. Par le passé, des travaux scientifiques ont révélé la présence de ces particules dans la glace et les eaux bordant le continent mais également, dans des excréments de manchots. Malheureusement, de récents travaux ont démontré que cette liste n’est pas définitive.
Le Département d’entomologie de l’Université du Kentucky à Lexington (Etats-Unis) est à l’origine d’une publication dans la revue Science of The Total Environment datant de novembre 2025. Les scientifiques ont rapporté la découverte de microplastiques dans l’estomac de moucherons (ou chironomes) de l’espèce Belgica antarctica, endémique de l’Antarctique. Il s’agit même du seul insecte et même du seul animal exclusivement terrestre de la région. Selon les auteurs, leur découverte résultant de prélèvements réalisés sur place en 2020 est une grande première.
« La pollution plastique a atteint les écosystèmes terrestres isolés de l’Antarctique, mais l’ampleur de l’impact des microplastiques sur les invertébrés terrestres indigènes n’a pas été évaluée. En utilisant comme espèce modèle le chironome Belgica antarctica, unique insecte endémique de l’Antarctique, cette étude poursuivait un double objectif : étudier les conséquences physiologiques de l’exposition aux microplastiques de polyéthylène en laboratoire et déterminer la proportion de microplastiques ingérés dans les larves prélevées sur le terrain. », peut-on lire dans l’étude.
Crédit : Tasteofcrayons / WikipediaLe franchissement d’une nouvelle frontière
Le moucheron en question mesure entre 2 et 6 mm de long et bénéficie d’une capacité de résistance tout à fait exceptionnelle. Ce dernier se caractérise par une absence d’ailes qui serait le résultat d’une adaptation aux conditions difficiles de l’Antarctique, notamment ses vents pouvant dépasser les 140km/h. Surtout, ses larves sont capables de perdre 70% de leur eau sans mourir mais aussi, de survivre un mois complet dans oxygène.
Pour rappel, l’Antarctique est un territoire où il n’existe aucune forêt et quasiment aucune végétation. Seuls quelques mousses, lichens et algues se concentrent sur les zones côtières les plus clémentes en termes de conditions météorologiques. Ainsi, les « opportunités » pour le Belgica antarctica d’ingérer des microplastiques sont très rares. Dans le détail, les chercheurs ont déterminé que les insectes ont été exposés à des billes de microplastiques de polyéthylène ingérables d’un diamètre se situant entre 27 et 45 micromètres.
Cependant, les chercheurs de l’étude ne s’inquiètent pas de la survie de cet insecte, que quelques microplastiques ne sauraient mettre en danger. En réalité, le rapport de cette découverte avait pour objectif principal de démontrer que cette pollution globale vient de dépasser une frontière supplémentaire.


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