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Le LSD fait à nouveau parler de lui au sein de la communauté scientifique. Cette substance psychédélique synthétique dérivée de l'ergot de seigle est un puissant hallucinogène, vendu illégalement sous forme de petits carrés de buvard imprégnés de gouttes contenant la drogue, ou en comprimés, en capsules, voire sous forme liquide. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, il peut provoquer des crises d'angoisse et de panique, ainsi qu'un profond sentiment de mal-être. Mais certains scientifiques s'intéressent désormais aux potentiels avantages de cette substance.
Une étude préliminaire a été présentée le 12 octobre lors d'un congrès de neuropsychologie, à Munich, comme l'explique le média Nature. Elle s'est intéressée à l'impact de faibles doses de LSD sur la concentration. Les chercheurs ont observé des effets bénéfiques chez les femmes: celles qui avaient reçu 15 microgrammes de LSD sont parvenues à rester concentrées plus longtemps que celles ayant reçu un placebo.
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«Ces travaux viennent renforcer les preuves émergentes selon lesquelles de faibles doses de LSD ont des effets bénéfiques sur les fonctions cognitives», se réjouit Conor Murray, neuroscientifique à l'université de Californie, à Los Angeles. Il ajoute que les données montrent que certaines personnes seraient plus sensibles que d'autres aux petites quantités de psychédéliques.
Le microdosage consiste à prendre de petites doses d'une drogue tous les quelques jours, qui sont censées améliorer l'humeur ou les fonctions cognitives. Pour le LSD, cela correspond à consommer environ un dixième de la quantité nécessaire pour vivre une expérience psychédélique complète. Même si ses partisans rapportent une amélioration de l'humeur et une concentration accrue, les études sur les effets du microdosage donnent des résultats contrastés.
Résultats différents selon le genre
Des recherches antérieures suggèrent que les femmes ressentent davantage les effets de cette substance que les hommes. Afin de vérifier cette hypothèse, Iva Totomanova, spécialiste en psychopharmacologie à l'université de Maastricht, aux Pays-Bas, et ses collègues ont réétudié les données d'une étude précédente explorant les effets des faibles doses de LSD. Ils se sont concentrés sur quarante-huit participants: la moitié ayant reçu 15 microgrammes de LSD, l'autre un placebo.
Les participants ont effectué une série de tests cognitifs pour évaluer leur attention, le traitement de l'information et la mémoire. Ils les ont réalisés à plusieurs reprises: au début des travaux, après la première et la quatrième dose ainsi qu'une semaine après la dernière dose. Les participants devaient notamment réagir à des signaux apparaissant à l'écran. Les femmes ayant reçu une microdose de LSD ont été 8% plus rapides que celles du groupe placebo. Aucune différence n'a été observée chez les hommes. En ce qui concerne le traitement de l'information et la mémoire, la prise de LSD n'a pas été associée à une amélioration des performances.
D'autres recherches à plus large échelle restent nécessaires pour confirmer ces résultats. «C'est un signal qui mérite d'être approfondi», conclut Mikkel Højlund, psychopharmacologue à l'université du Danemark du Sud. Pour comprendre pourquoi les hommes et les femmes réagissent différemment aux psychédéliques, les scientifiques entendent bien s'intéresser aux taux hormonaux. Affaire à suivre!





























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