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LE FIGARO DEMAIN - Après Strasbourg, Rennes et plusieurs autres villes distribuent des paniers de fruits et légumes bio et animent des ateliers pour sensibiliser les futures mères à l’importance de l’alimentation.
Passer la publicité Passer la publicitéEt si toutes les futures mères consommaient du bio et limitaient leur exposition aux perturbateurs endocriniens ? Certains en ont rêvé, Strasbourg l’a fait, du moins essayé. L’idée de proposer des légumes bio et locaux aux femmes enceintes revient à Alexandre Feltz, adjoint à la maire de Strasbourg en charge de la santé. Médecin généraliste et enseignant à la faculté de Médecine de la capitale alsacienne, ce dernier a également été un pionnier du sport sur ordonnance.
Depuis 2022, toute femme enceinte de la ville peut se voir prescrire, par son médecin, généraliste, gynécologue ou sage-femme, un panier gratuit de 3 kilos de fruits et légumes et légumineuses bio chaque semaine, à retirer dans les locaux d’associations partenaires. Et ce pendant deux à sept mois, une durée variable selon le quotient familial. Deux ateliers collectifs de sensibilisation et d’information font également partie du programme. L’idée est de sensibiliser les futures mères à l’importance de l’alimentation pour leur santé et celle de leur bébé, de l’équilibre nutritionnel à la cuisine des produits de saison, en passant par la lecture des étiquettes. Mais pas seulement: les perturbateurs endocriniens, susceptibles de favoriser des pathologies comme le cancer, ne sont pas limités à la cuisine. Ils sont partout: poêles antiadhésives, biberons (avec le bisphénol), contenants en plastique mais aussi détergents ou encore cosmétiques. Un deuxième atelier vise à informer les femmes sur les moyens de les éliminer de leur quotidien et à les aider à trouver des alternatives.
Changements d’habitudes
Trois mille futures mamans ont ainsi bénéficié de ce programme depuis sa mise en place. «Quand on touche 10% d’une cible en santé publique, c’est déjà assez exceptionnel. Là on atteint 30%!», ne peut s’empêcher de s’exclamer Alexandre Feltz. Et les résultats semblent au rendez-vous, si l’on en croit une enquête menée par la ville. 93% des bénéficiaires ont déclaré un changement d’habitudes au sein du foyer, suite à cette expérience, impliquant dans 82% des cas le conjoint et pour 37% d’entre elles les enfants. Ainsi d’Inès: «Je m’estimais bien informée mais j’ai réalisé que j’avais encore beaucoup à apprendre. Je vais remplacer mes poêles antiadhésives par d’autres en inox, qui ne contiennent pas de PFAS». 94% des répondantes ont maintenu ces nouvelles habitudes après la naissance de leur enfant et elles sont autant à projeter de mettre à jour leurs connaissances sur les questions d’alimentation et de santé environnementale après le dispositif.
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La ville de Rennes s’en est inspirée avec son programme «Paniers bio et locaux», en commençant par les quartiers nord et en mettant l’accent sur le caractère local autant que bio des produits. Avec également une durée variable, selon les revenus, «pour éviter les effets d’aubaine» pour les foyers les plus aisés ayant les moyens de s’offrir du bio, explique Yannick Nadesan, adjoint au maire en charge de la santé de l’agglomération bretonne. «Au-delà de la santé infantile, qui fait partie de nos priorités, cela permet également de soutenir les producteurs locaux, notamment en agriculture biologique», souligne celui qui préside également le réseau français des Villes-Santé. Ce dernier compte 116 communes s’étant engagées à mettre en œuvre le programme Villes-Santé initié par l’OMS en 1987. Une démarche préventive qui s’inscrit parfaitement dans la droite ligne de l’approche «One health» («Une seule santé») de l’OMS, qui considère comme indissociables la santé humaine et celle de la planète.
Généraliser le dispositif au niveau national
Les instances sanitaires ne s’y sont pas trompées, le dispositif étant en partie financé à Strasbourg par l’Agence régionale de Santé Grand est (70 000 euros) et le régime local d’Assurance Maladie ( 35 000 euros), sur 625 000 euros par an.
L’initiative fait des émules, notamment dans le grand ouest. La commune de Terres-de-Haute-Charente (entre Angoulême et Limoges), le Grand Angoulême avec son dispositif «Paniers jeunes pousses» et même d’autres plus petites communes telles que Lons-le-Saunier (Jura), Chizé (Deux-Sèvres), Mûrs-Erigné, près d’Angers (Maine-et-Loire) ou la communauté de communes de Cœur d’Oestrevent, près de Douai (Nord-Pas-de-Calais) se sont également lancées dans des programmes comparables. De nombreuses autres villes ont manifesté leur intérêt. Plusieurs candidats en font même un argument de campagne dans le cadre des prochaines élections municipales. La députée de la première circonscription du Bas-Rhin Sandra Regol a même déposé une proposition de loi pour étendre le dispositif au niveau national.
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