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Médias 05/06/2026 11:20 Actualisé le 05/06/2026 14:09
Dans un communiqué, la SDJ de la chaîne alerte sur une « tentative de censure et d’intimidation » après une question sur ladite tribune à l’issue d’une interview avec un des acteurs du film « La Bataille de Gaulle ».

ALEXANDER KLEIN / AFP
La SDJ de France 24 apporte son soutien dans un communiqué à deux journalistes après une interview avec le casting de « La Bataille de Gaulle » (Image d’illustration).
EN BREF • Des journalistes de France 24 dénoncent des méthodes d’intimidation après une question sur la tribune anti-Bolloré lors d’une interview pour le film « La Bataille de Gaulle ».
• Les attachées de presse du film et de l’acteur auraient notamment réclamé aux journalistes la carte mémoire de l’interview filmée.
• La tribune anti-Bolloré, signée par 600 professionnels, dénonce l’influence de l’extrême droite dans le cinéma.
Après avoir secoué le Festival de Cannes, la tribune anti-Bolloré continue de faire couleur beaucoup d’encre. Dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux, ce jeudi 4 juin, des journalistes de France 24 dénoncent « des méthodes d’intimidation inacceptables » après une interview à l’occasion du film La Bataille de Gaulle.
Lors de celle-ci, une question a été posée à l’un des acteurs (Niels Schneider, d’après cet article de Libération) sur ladite tribune, après que celui-ci a longuement parlé de la notion d’« engagement » que pouvait revêtir le biopic d’Antonin Baudry. Mais désarçonné par celle-ci, le comédien aurait été « mal à l’aise », d’après la SDJ de France 24.
« Elle était pourtant non seulement légitime, mais indispensable au regard des polémiques qui ont rythmé cette édition du festival », où a été projeté le long-métrage sur le général de Gaulle en compétition, observe la SDJ. Avant d’ajouter : « Ce qui s’est produit à l’issue de l’interview est d’une gravité inédite. »
France 24 tire la sonnette d’alarme
De retour à la rédaction, Nina Masson, la journaliste, a raconté avoir été prise à partie par l’attachée de presse de l’acteur. Celle-ci est intervenue pour lui réclamer la carte mémoire de l’interview qui venait de lui être remise. Elle a refusé, mais s’est vue exigée de signer un engagement de non-diffusion du passage « litigieux » sous la pression d’une autre attachée de presse, celle du film, comme vous pouvez le voir dans la dernière image de ce diapo publié sur son compte Instagram.
« Notre équipe est rentrée à la rédaction profondément choquée par la violence de ces méthodes, poursuit le communiqué. De tels procédés - intimidation, censure imposée sous la contrainte - relèvent de pratiques que l’on associe aux régimes totalitaires. Ils constituent une atteinte grave et caractérisée à la liberté de la presse. »
La SDJ de France 24 est formelle : la ligne éditoriale de la chaîne « n’appartient qu’à sa direction. Aucune attachée de presse, aucun acteur, aucune équipe de production ne saurait se substituer à elle, ni dicter à [ses] journalistes les questions qu’ils sont en droit de poser et de diffuser ou non. »
Le passage en question n’a pas été diffusé. Non pas en réponse aux pressions, mais parce qu’il « était inutilisable en télé : l’acteur est mal à l’aise, il ne répond rien », précise Nina Masson à nos confrères de Libération. « Je pense qu’on ne m’aurait pas parlé comme ça si j’étais un homme », ajoute-t-elle au sujet de la réaction des deux attachées de presse.
La pétition anti-Bolloré
Au coup d’envoi de cette édition 2026 du Festival de Cannes, plus de 600 professionnels du secteur, parmi lesquels Juliette Binoche, Jean-Pascal Zadi, mais aussi Swann Arlaud ou Adèle Haenel, ont dénoncé dans un texte « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le 7e art par l’intermédiaire de Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe Canal+.
En marge des festivités, plusieurs des signataires ont été interrogés sur le sujet, à l’image d’Arthur Harari, qui dans un article de Libération a notamment déclaré ne pas avoir attendu de découvrir l’éviction brutale d’Olivier Nora chez Grasset « pour comprendre le problème d’avoir le premier contributeur privé du cinéma aux mains d’un cryptofasciste ».
Des mots qui n’ont pas été du goût de Maxime Saada. « Pour moi, la limite est là », a déclaré le PDG de Canal+, lors du traditionnel brunch des producteurs organisé par son groupe à Cannes. « Eh bien moi, je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste », a-t-il avancé, laissant craindre la création d’une liste noire.
Maxime Saada relance le débat
Ses propos ont divisé la Croisette. D’un côté, il y a celles et ceux qui, comme Adèle Exarchopoulos, ont parlé de leurs inquiétudes en matière de liberté d’expression. De l’autre, ceux qui, comme Mathieu Kassovitz, ont défendu coûte que coûte Canal+, ses équipes et une potentielle « réaction à chaud » de leur patron.
Il n’en est rien. Alors que la Ligue des droits de l’Homme et la CGT Spectacle ont annoncé engager une action en justice contre Canal+, qu’elles accusent de vouloir sanctionner les signataires, Maxime Saada a, lui, réémis à demi-mot ses menaces.
Lors d’une assemblée générale du groupe tenue à la fin du mois de mai, ce dernier a assuré « qu’il n’était pas question d’aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition », mais qu’il voulait « ajouter une nouvelle dimension sur les dossiers (de financement de films, ndlr) » à étudier en plus du critère « artistique » et « commercial ».
Sans contour, il précise : « Cette dimension, ce sera quelle est la considération qui est portée par les personnes qui portent ce projet vis-à-vis de Canal+, et est-ce que ces personnes ont porté un préjudice à Canal+. »


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