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Des jouets à la charcuterie : ce qui est contrôlé sur les marchés de l'Hérault

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Des jouets à la charcuterie, les contrôles menés sur les marchés de l'Hérault ne laissent rien au hasard. À Balaruc-les-Bains, la DDPP a passé plusieurs étals au crible.

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Des jouets à la charcuterie, les contrôles sur les marchés de l'Hérault visent à garantir la sécurité des consommateurs. À Balaruc-les-Bains, la DDPP a vérifié températures, étiquetage et traçabilité.

Des jouets à la charcuterie, les contrôles sur les marchés de l’Hérault visent à garantir la sécurité des consommateurs. À Balaruc-les-Bains, la DDPP a vérifié températures, étiquetage et traçabilité. (©Métropolitain / LP)

Par Léa Pippinato Publié le 22 juil. 2026 à 10h16

Les appels des commerçants résonnent sous les platanes. Les étals débordent de pêches, de melons, d’abricots et de tomates aux couleurs éclatantes. Un peu plus loin, les odeurs de poulets rôtis se mélangent à celles des olives, des épices et des fromages. Cabas à la main, curistes et vacanciers prennent leur temps, discutent avec les producteurs et comparent les prix. Comme chaque mardi et vendredi, le marché de Balaruc-les-Bains, dans le bassin de Thauattire la foule, avec près de 160 commerçants installés dans les rues de la station thermale.

Au milieu de cette animation, un petit groupe avance d’un pas tranquille. Autour de Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, les agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) s’arrêtent devant plusieurs stands. Leur présence ne passe pas complètement inaperçue : quelques clients ralentissent le pas pour observer les contrôles, tandis que les commerçants continuent de servir leurs habitués. Cette visite s’inscrit dans une campagne de contrôles renforcée pendant toute la saison estivale.

« C’est important d’être là aujourd’hui parce que nous avons une saison estivale dans ce département qui est toujours une activité très soutenue, notamment avec les vacanciers qui viennent s’approvisionner », précise la représentante de l’État. « Les objectifs du contrôle, c’est de voir que les indications et les étiquetages sont fiables, sont de confiance, que les produits alimentaires sont frais, qu’ils sont bien dans les normes, pour la bonne protection des consommateurs, de leur santé, mais aussi de leur information. Il faut qu’il y ait confiance dans les produits qui sont proposés. »

"Les objectifs du contrôle, c'est de voir que les indications et les étiquetages sont fiables, sont de confiance, que les produits alimentaires sont frais, qu'ils sont bien dans les normes, pour la bonne protection des consommateurs, de leur santé mais aussi de leur information. Il faut qu'il y ait confiance dans les produits qui sont proposés"

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Derrière chaque contrôle, une utilité bien précise

Le premier arrêt surprend : le contrôleur ne se dirige pas vers un stand alimentaire, mais vers une vendeuse de jouets. Posées sur la table, des boules antistress destinées aux moins de 14 ans attirent son attention. 

Sans se presser, il en prend une dans sa main, la retourne plusieurs fois, observe son emballage, puis demande les factures d’achat. Les documents permettent de retracer l’origine des marchandises, venues notamment de Marseille, de Bordeaux et d’Espagne. Il recherche ensuite le marquage CE, obligatoire pour attester que ces jouets répondent aux normes européennes de sécurité.

Depuis le 15 juin, près de 300 contrôles ont déjà été réalisés dans l'Hérault dans le cadre de la campagne estivale.

Depuis le 15 juin, près de 300 contrôles ont déjà été réalisés dans l’Hérault dans le cadre de la campagne estivale. (©Métropolitain / LP)

Une anomalie relevée

Une anomalie retient son attention : le marquage figure bien sur les boîtes, mais pas sur chaque jouet vendu à l’unité. Il rappelle alors la réglementation à la commerçante, qui écoute attentivement avant de promettre de régulariser la situation avant le prochain marché de vendredi. « Ce sera fait d’ici ce soir », assure-t-elle.

Le contrôle ne s’arrête pas là. L’agent vérifie également que les jouets ne présentent pas d’angles saillants et s’interroge sur la matière plastique. Un jeune enfant pourrait être tenté de la porter à la bouche. Il échange quelques instants avec la vendeuse sur ce point avant de poursuivre sa visite.

Un thermomètre pour vérifier la chaîne du froid

Quelques dizaines de mètres plus loin, un autre contrôleur prend le relais devant un stand de traiteur. Ici, il n’est plus question de marquage CE ou de notices d’utilisation, mais de températures de conservation, de traçabilité et de sécurité alimentaire.

L’agent ouvre sa mallette, en sort un thermomètre à sonde et le plante dans un figatellu de porc, une saucisse composée principalement de foie de porc, de viande et d’épices. Le verdict apparaît dans la foulée : le produit est à environ 25 degrés. Dans ces conditions, il ne peut pas rester proposé à la vente. 

 les commerçants continuent de servir leurs clients pendant les vérifications.

La présence des contrôleurs n’interrompt pas l’activité du marché : les commerçants continuent de servir leurs clients pendant les vérifications. (©Métropolitain / LP)

Fabricant inconnu

Le contrôle se poursuit avec plusieurs saucissons. Cette fois, l’inspecteur s’intéresse à la traçabilité. Il cherche la marque sanitaire, cette étiquette ovale qui permet d’identifier précisément l’établissement où le produit a été fabriqué. Sur l’un d’eux, l’étiquette a été coupée. Impossible de remonter immédiatement jusqu’au fabricant. Le commerçant s’engage à transmettre les documents nécessaires dans la journée. En dehors de ces deux observations, aucun autre manquement particulier n’est constaté.

Vérifier qu’un produit est bien celui qu’il prétend être

Le dernier arrêt conduit la délégation devant un étal de fruits et légumes où s’empilent tomates, nectarines, melons et salades. Là encore, une autre contrôleuse prend le temps d’échanger avec le commerçant avant de demander les bons de livraison et d’examiner les colis conservés sous les tables. Son travail consiste à comparer les documents avec les informations affichées sur les panneaux. Elle  vérifie l’origine des produits, leur catégorie commerciale lorsqu’elle est obligatoire, leur qualité et leur traçabilité. L’objectif est simple : s’assurer que ce qui est annoncé au consommateur correspond bien à la réalité.

Une simple anomalie d'étiquetage peut donner lieu à un rappel de la réglementation et à une demande de mise en conformité.

Une simple anomalie d’étiquetage peut donner lieu à un rappel de la réglementation et à une demande de mise en conformité. (©Métropolitain / LP)

Label « producteur »

« Les agriculteurs y tiennent beaucoup. Il faut vraiment vérifier que lorsqu’un produit est annoncé comme français, il ne vienne pas d’Espagne », complète la préfète. « Le label ‘producteur’ est lui aussi très vérifié, parce qu’il représente un véritable gage de qualité pour les consommateurs. » Autrement dit, une simple ardoise indiquant « origine France » ou « producteur » ne suffit pas : le commerçant doit pouvoir justifier chacune de ces mentions grâce à des documents de traçabilité.

"Il faut vraiment vérifier que lorsqu'un produit est annoncé comme français, il ne vienne pas d'Espagne. Le label 'producteur' est lui aussi très vérifié, parce qu'il représente un véritable gage de qualité pour les consommateurs"

Trois cents contrôles depuis le début de l’été

La visite de Balaruc-les-Bains ne représente qu’un aperçu du travail mené par les équipes de la DDPP. Depuis le 15 juin, près de 300 contrôles ont déjà été réalisés dans l’Hérault, aussi bien sur les marchés qu’au sein des commerces, des hébergements touristiques ou des établissements fréquentés par les vacanciers.

Les inspections sont également renforcées dans les activités de loisirs. Les contrôleurs vérifient notamment les équipements de sécurité, comme les gilets de sauvetage utilisés pour les activités nautiques ou les structures gonflables destinées aux enfants. Certaines opérations sont conduites avec d’autres services de l’État, notamment dans le cadre des comités opérationnels départementaux anti-fraude (CODAF).

Contrairement aux idées reçues, l’objectif n’est pas de sanctionner systématiquement les commerçants. Les contrôles ont d’abord une vocation pédagogique et permettent bien souvent de corriger rapidement les anomalies constatées.

La direction de la DDPP indique qu’environ 5 % des contrôles donnent lieu à un procès-verbal transmis à l’autorité judiciaire. Les irrégularités les plus fréquentes débouchent sur une mise en demeure qui laisse au professionnel un délai pour se mettre en conformité. Les fermetures administratives restent rares et concernent environ 1 à 2 % des inspections réalisées. 

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