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Les fourmis ont l'habitude de vivre au sein de colonies plus ou moins grandes. Elles peuvent toutefois adopter une attitude plutôt fraternelle avec les communautés voisines. La fourmi d'Argentine a réussi un exploit: créer un réseau reliant des sites en Italie, en France, en Espagne et au Portugal.
Sur 6.000 kilomètres de littoral atlantique et méditerranéen, plusieurs millions de fourmilières abritant des milliards d'ouvrières ont été recensées. Le média Ecoticias raconte que ces insectes appartiennent à la même communauté.
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En 2002, des chercheurs ont prélevé des échantillons de fourmis d'Argentine auprès de trente-trois populations. Leur analyse a permis de les classer dans deux catégories: une supercolonie principale et une colonie catalane, bien plus petite.
Oubliez l'idée d'une immense structure souterraine ininterrompue. Ces insectes sont non seulement génétiquement différents, mais ils sont aussi géographiquement éloignés. Toutefois, les ouvrières de la supercolonie ne se battent pas entre elles lorsqu'elles se rencontrent. En revanche, au contact des Catalanes, elles adoptent une attitude agressive.
D'autres recherches ont montré que les fourmis d'Argentine s'organisent en quartiers. Plutôt que de fonctionner comme un seul groupe, la supercolonie est composée de petites communautés locales qui travaillent et cherchent leur nourriture dans les environs.
Une alliance qui menace la biodiversité
Une question demeure: pourquoi les fourmis se comportent-elles comme des congénères alors qu'elles se trouvent parfois à des milliers de kilomètres de distance? Tout est une question d'odeur. Les composés chimiques présents sur le corps des invertébrés sont un signe d'appartenance à une même colonie. Une odeur différente leur permet de reconnaître les fourmis envahisseuses, et de les attaquer.
Les fourmis d'Argentine ont été introduites en Europe par l'activité humaine. Leurs colonies peuvent s'étendre d'environ 150 mètres par année. Mais si l'homme intervient, ces distances peuvent être jusqu'à 1000 fois supérieures.
La croissance de l'espèce a des conséquences sur la biodiversité et sur l'agriculture. En récoltant le miellat, elles protègent certains insectes suceurs de sève –comme les pucerons ou les cochenilles– de leurs prédateurs. La chaîne alimentaire peut être perturbée et certaines cultures, notamment les vignobles et les vergers d'agrumes, sont fragilisées par la prolifération de ces petites bêtes.
Alors comment maîtriser un réseau d'une telle ampleur? En 2025, des chercheurs ont testé six champignons sur des fourmis d'Argentine issues de quatre supercolonies. L'une des souches a tué plus de 80% des individus exposés, dont la moitié en seulement deux à cinq jours. Reste à savoir si cet insecticide sera utilisé à large échelle.





























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