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Onze finissants en informatique du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue ont pu se frotter à la science et au développement d’un projet ambitieux parrainé par une équipe de l’Université de Montréal.
Parmi cette cohorte, Ted Tandji et Aloy Chibueze, tous deux âgés de 24 ans, sont arrivés en Abitibi-Témiscamingue il y a trois ans par le PEQ, le Programme de l’expérience québécoise. Venus du Cameroun pour poursuivre leurs études, ils sont soufflés par l’évolution de leur parcours académique.

Ted Tandji, 24 ans, finissant en informatique au Cégep e l'Abitibi-Témiscamingue
Photo : Radio-Canada / Lise Millette
C’est vraiment incroyable. Je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas que je pouvais tomber sur un projet comme ça. C'est très stimulant pour moi , commence Ted Tandji, affichant un enthousiasme contagieux.
Claude Boutet, professeur au département d’informatique, précise avoir accepté une collaboration avec le Programme de recherche sur l’évaluation des contaminants et des incidence sur la santé et sur l’environnement (ONICSE). Les projets récipiendaires de l’appel du Fonds de recherche du Québec, en partenariat avec l’ONICSE, ont été dévoilés à Rouyn-Noranda le 26 mai dernier. Cinq projets ont été sélectionnés, dont celui du professeur James King du Département de géographie de l’Université de Montréal et du chercheur postdoctoral Emmet Norris, qui a travaillé étroitement avec les jeunes cégépiens de l’Abitibi-Témiscamingue.
Notre idée consiste en un capteur capable de mesurer en temps réel plusieurs types de particules préoccupantes. Il pourra être utilisé à l’extérieur et à l’intérieur, afin de permettre aux gens d’adapter leurs habitudes de vie en lien avec la qualité de l’air, explique Emmet Norris.
Chaque seconde, le capteur enregistre les données et mesure les concentrations de particules fines de même que les variations de température, d’humidité, de pression atmosphérique et des vents. Ces données serviront à aviser si les seuils sécuritaires sont dépassés ou représentent un risque. Et c’est à ce moment qu’interviennent les travaux des finissants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.
Pour que la personne soit capable d'arriver chez elle, installer le capteur et que le capteur commence à communiquer avec notre système à nous. Il fallait donc développer toute la partie pour connecter le serveur avec le réseau, précise Jean-Michel Laliberté, enseignant au département d’informatique.
Une commande de taille pour les cégépiens
Faire en sorte que les données soient décodées, traitées avec des formules mathématiques grâce à une programmation informatique, puis transmises dans les paramètres de modélisation et ensuite retournées, en temps réel sur interface graphique pour l'utilisateur, représentaient de nombreux défis.

Aloy Chibueze et Ted Tandji présentent l'interface graphique de leur projet informatique développé pour le projet de capteur de particules
Photo : Radio-Canada / Lise Millette
Les profs étaient un peu inquiets quand on leur a dit qu’il nous faudrait un langage de programmation que l’on avait encore jamais appris, a résumé Ted Tandji en riant.
Nous avons dû passer deux ou trois semaines à réfléchir, puisqu’il y avait plusieurs équipes on a pu se partager le travail. C’était vraiment compliqué, mais on l’a fait et nous avons ensemble réussi à implémenter la solution. C’était l’un des plus gros bogues qu’on a eu, a précisé Aloy Chibueze.
Questionné sur le travail de ses étudiants, Jean-Michel Laliberté ne pouvait cacher sa fierté, soulignant que ce projet ne pouvait qu’être confié à des aspirants d’exception.
Bien honnêtement, j'ai peur pour la cohorte qui viendra après! J'ai peur qu’on les soumette aux mêmes attentes. Peut-être qu'ils vont arriver à nous surprendre aussi, je l'espère. Et j'espère aussi ne pas trop leur mettre de pression suite à aux précédents que vous aurez créé, a-t-il mentionné, en jetant un regard en direction des deux finissants.
Dans la salle de conférence du Centre de congrès de Rouyn-Noranda, côtoyant des chercheurs et professeurs universitaires spécialisés, Ted Tandji et Aloy Chibueze sourient avec fierté. Même s’il reste encore quelques améliorations à compléter, leur sentiment d’accomplissement est indéniable tout comme la reconnaissance envers l’ensemble des professeurs du département.

Aloy Chibueze, finissant en informatique au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
Photo : Radio-Canada / Lise Millette
J’aurais aimé que ça ne finisse pas. Sincèrement, j’ai beaucoup aimé cette expérience et je vais garder mes professeurs dans mon coeur. Je ne t’oublierai pas Jean-Michel (Laliberté), je ne t’oublierai pas Claude (Boutet). Il n’y a pas autant de contacts entre les professeurs dans le système éducatif camerounais en général. Découvrir ces contacts et ces échanges ici entre étudiants et professeurs, je crois que c’est un axe d’amélioration pour ce qui se passe dans mon pays, conclut Aloy Chibueze.


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