NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Bibliothèques, écoles secondaires, hôpitaux, grandes entreprises privées. Des employeurs en tous genres sont désespérément à la recherche de techniciens de la documentation pour gérer leurs banques de fichiers informatiques qui ne cessent de grossir. Ces travailleurs de l’ombre, eux, se font rares.
Josée Gaudreau est bien placée pour témoigner du manque de techniciens de la documentation dans la province. Au cours des quatre dernières années, la responsable du programme de formation technique au Cégep Garneau de Québec a été contactée par une cinquantaine d’entreprises et d’organisations qui espéraient embaucher ses finissants.
Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Côte-Nord, Saguenay–Lac-Saint-Jean : je reçois des demandes d'employeurs de ces différentes régions-là qui ne sont pas parvenus à engager un technicien, énumère-t-elle. Après le premier affichage [de poste], ça en prend un deuxième ou un troisième.

Josée Gaudreau est enseignante et responsable du programme Techniques de la documentation au Cégep Garneau.
Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Les demandes viennent autant d’organismes publics que d’entreprises privées. Par exemple, le chantier maritime Davie cherchait à doubler son équipe de contrôle documentaire après l'obtention de nouveaux contrats. Le campus universitaire d'Edmundston et le Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin (CSSBE) sont aussi venus cogner à sa porte pour embaucher des spécialistes de la recherche et de la gestion de l’information.
Sur 11 postes, on en a deux qui sont sans titulaire, précise Caroline Drouin, coordonnatrice du personnel de soutien scolaire au CSSBE. On espère aller intéresser des finissants de la cohorte de cette année pour tenter de pourvoir ces deux postes-là.
La pénurie est particulièrement importante dans les bibliothèques publiques. En 2024, l’Association des bibliothèques publiques du Québec calculait qu’il manquait 817 techniciens de la documentation pour bien répondre aux besoins.
Une formation impopulaire
Si les besoins du marché du travail sont si criants, c’est que trop peu d’étudiants obtiennent leur diplôme dans l’un des six programmes de formation offerts dans la province. Josée Gaudreau remarque que l'intérêt pour la formation est en recul. Au Cégep Garneau, moins d’une vingtaine d’étudiants obtiennent leur diplôme en moyenne par année.
Il fut un temps où on accueillait 65 étudiants en première session, indique Josée Gaudreau. Depuis les dernières années, ça oscille autour de 30, 35 étudiants. Donc, vraisemblablement, on serait en mesure d'accueillir et de former beaucoup plus de techniciens de la documentation que ce qu'on fait actuellement.
Le métier est passionnant, mais méconnu.

Le Cégep Garneau est l'un des six établissements du Québec à offrir une formation technique en gestion de la documentation.
Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Des besoins qui augmentent
Malgré son apparente impopularité, le métier demeure essentiel aux yeux de Josée Gaudreau.
Dans toute organisation, on a une tonne d'informations qui est générée. Ça peut être des plans, ça peut être des appels d'offres, ça peut être des demandes de permis, dit-elle. Le technicien de la documentation va assurer la traçabilité, le repérage rapide de cette information-là. C'est un spécialiste de l'accès, de l'organisation, de la structuration, de la conservation de l'information et de sa protection.
Luce Boucher, qui travaille comme technicienne au Bureau pivot du tramway de Québec, est responsable de plus de 100 000 documents électroniques. C’est à elle que font appel les différents partenaires du projet pour les consulter.
On est comme la centrale documentaire pour le projet de la Ville, résume-t-elle.

Luce Boucher est l'une des deux techniciennes à la documentation du Bureau pivot du tramway de Québec.
Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Selon Josée Gaudreau, ce type d’expertise est de plus en plus recherché par les grandes organisations.
Si on veut être efficace comme organisation, si on veut être performant, on se doit de gérer l'information comme on gère la paye, comme on gère les ressources humaines.
Qui a peur de l’intelligence artificielle?
À la bibliothèque de l’Université Laval, Dominique Lapierre est à la tête d’une équipe d’une cinquantaine de techniciens de la documentation. Même si tous les postes sont actuellement occupés, elle constate que le recrutement est un enjeu pour l’université.
Je pense que c'est moins connu comme métier, dit-elle. L'idée, c'est de le revaloriser, puis aussi de contrer cette vision pessimiste que les systèmes d’intelligence artificielle générative vont remplacer les humains dans ce type de métier.
Un récent sondage SOM-Radio-Canada révèle qu’une majorité d’étudiants universitaires utilisent l’IA pour la recherche d'informations et de sources. Josée Gaudreau n’estime pourtant pas que le métier de technicien de la documentation ne soit menacé par cette tendance.
Il y aura toujours la dimension humaine qui va être importante, le jugement critique qui va être important, souligne-t-elle. On est des gens qui trouvent de l'information pertinente, adéquate, crédible et valide pour ensuite alimenter des étudiants à l'université, des chercheurs ou notre clientèle. Ça prend des individus derrière la machine.
Dominique Lapierre non plus ne s’inquiète pas de l’avenir des métiers de sciences de l’information, bien au contraire.
Ça va être des métiers d'avenir et des métiers foisonnants, assure-t-elle.


4 month_ago
31



























.jpg)






French (CA)