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Administrer des médicaments, intervenir lors d’une crise d’épilepsie ou encore pratiquer un cathétérisme : des travailleurs scolaires en Saskatchewan doivent accomplir des actes médicaux avec peu ou pas de formation, dénonce le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). De concert avec le NPD provincial, le syndicat réclame des normes obligatoires pour mieux encadrer les soins aux élèves.
Le SCFP a sonné l’alarme lundi lors d’un point de presse aux côtés du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan.
Selon l’organisation syndicale, le personnel de soutien en éducation est de plus en plus appelé à répondre aux besoins médicaux complexes des élèves, sans directives uniformes, formation adéquate ni soutien suffisant.
Le syndicat affirme avoir porté cette situation à l’attention du gouvernement de Scott Moe il y a trois mois, sans obtenir de réponse.
Selon un sondage mené auprès de ses membres, le syndicat fait état d’importantes lacunes sur le terrain.
Nos membres du secteur de l’éducation entament une nouvelle année scolaire en devant administrer des médicaments, effectuer des alimentations par sonde, soigner des plaies, intervenir lors de crises d’épilepsie et pratiquer des cathétérismes avec peu ou pas de formation.
M. Peterson souligne que plusieurs de ces interventions relèvent normalement de la pratique infirmière lorsqu'elles sont réalisées dans le réseau de la santé.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l'opposition néo-démocrate ont tenu un point de presse lundi pour réclamer un meilleur encadrement des soins de santé dans les écoles de la Saskatchewan.
Photo : Radio-Canada / Don Sommers
Le syndicat demande donc à la province d'instaurer des directives claires et d'exiger que les travailleurs soient dûment formés par des professionnels de la santé avant d'accomplir de tels actes.
Se soucier des élèves ne devrait jamais signifier qu’on attend [des travailleurs] qu’ils effectuent des interventions médicales sans formation adéquate, sans directives claires, sans soutien ni protection

Selon Jennifer Simmons, l’équipe du programme réclame depuis plusieurs années du personnel supplémentaire et davantage de ressources pour assurer la continuité des soins.
Photo : Radio-Canada / Don Sommers
Cinq jours d'école depuis son diagnostic
Derrière ces revendications syndicales, des parents témoignent des conséquences directes de ce manque d'encadrement.
C'est le cas de Jennifer Simmons, dont la fille Kinsley, âgée de huit ans, a reçu un diagnostic de diabète de type 1 en novembre dernier.
Depuis, la fillette n’a pu assister aux cours qu'à cinq reprises en raison de l'absence de soutien adéquat pour gérer sa condition à l'école.
Nous avons reçu un excellent soutien de notre pédiatre, de la clinique pédiatrique du diabète de Regina et des spécialistes de Saskatoon. Nous avions le soutien médical et la compréhension nécessaires, mais à l’école, nous nous sommes heurtés à un vide.
Selon Mme Simmons, ce vide réglementaire crée de profondes inégalités d'un établissement à l'autre.
Après plusieurs semaines de démarches, Kinsley a pu réintégrer sa classe le 17 décembre. À son arrivée, relate sa mère, ses fournitures médicales avaient toutefois été verrouillées et son lecteur de glycémie lui avait été confisqué.
Lors d'une seconde tentative de retour en classe en janvier, la fillette a subi une grave crise au troisième jour. Son taux de sucre a continué de chuter. Elle s'est mise à trébucher, puis à perdre la vue, avant de sombrer dans un choc hypoglycémique sévère, relate Jennifer Simmons, la voix nouée par l'émotion.
À ces obstacles scolaires s’ajoute une rupture de services à la clinique pédiatrique du diabète de Regina, contraignant plusieurs familles à se déplacer jusqu'à Saskatoon pour obtenir des soins spécialisés.
J’espère sincèrement que cette situation sera temporaire, souffle Mme Simmons.

Kinsley, huit ans, atteinte de diabète de type 1 depuis quelques mois, est venue aux côtés de sa mère, Jennifer Simmons, pour faire valoir ses droits.
Photo : Radio-Canada / Don Sommers
Une politique déjà en vigueur, selon la province
Dans une déclaration écrite transmise à CBC/Radio-Canada, le gouvernement de la Saskatchewan soutient qu'une politique provinciale encadre déjà ces situations.
Celle-ci prévoit que les divisions scolaires collaborent avec les familles et les professionnels de la santé afin d'établir des plans adaptés aux besoins de chaque enfant.
Avec les informations de Halyna Mihalik


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