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La vingtaine de syndiqués de l’usine de Kruger à Brompton sont en grève depuis lundi. Les travailleurs jugent l’offre de la partie patronale insuffisante, eux qui ont adopté à l’unanimité un mandat de grève le 14 septembre dernier.
Ces syndiqués, qui travaillent dans la plus ancienne usine Kruger dans le secteur de Bromptonville, demandent une bonification de leur rémunération, des assurances collectives, du régime de retraite et des aménagements pour faciliter la conciliation travail-vie personnelle.
Les attentes ne sont pas rencontrées avec l’offre globale qui a été suggérée, encore après deux journées de négociations, explique la présidente de la CSN-Estrie, Julie Bolduc.

La présidente de la CSN-Estrie, Julie Bolduc.
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé
Le président du syndicat des travailleurs de Brompton, Kevin Lepage, affirme que ses membres ne demandent pas la lune, mais plutôt une équité avec les autres usines de Kruger.
Depuis 2010, il y a eu une première négociation avec des grosses concessions, où il fallait aider l’employeur. J’ai vécu les coupures, les premières fermetures de la machine à papier, en nous demandant de prolonger la convention collective de 6 ans pour une durée de 10 ans, explique-t-il.

Le président du syndicat des travailleurs de Brompton, Kevin Lepage.
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé
Le contrat de travail des syndiqués s'étendait à la base de 2015 à 2019, mais, à la fin de celui-ci, les travailleurs ont accepté une demande de solidarité de la part de l’employeur en un moment où il y avait des changements importants qui s’opéraient dans l’industrie, souligne le syndicat.
Les membres ont accepté une prolongation de la convention collective jusqu’en 2025. Finalement, ce qu’on a eu en retour, c’est une fermeture d’usine en 2020, laisse tomber le président du syndicat des travailleurs de Brompton, Kevin Lepage.
Les changements depuis 2019 ont engendré une réorganisation de l’organisation qui a fait diminuer le nombre de travailleurs d’une centaine à une vingtaine. Le groupe a accepté que leurs conditions de travail ne s’améliorent pas en dix ans, mais là, clairement, il y a un retard par rapport à la capacité de payer de ses travailleurs, explique Julie Bolduc.
L'entreprise Kruger a refusé la demande d'entrevue de Radio-Canada. Compte tenu du processus de négociation en cours, Kruger ne commente pas publiquement les discussions entre les parties ni les conflits de travail, déclare l'entreprise par écrit.

Les travailleurs ont adopté à l’unanimité un mandat de grève le 14 septembre dernier.
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
Kevin Lepage estime aujourd’hui que la situation manque de respect [...] Ça fait longtemps que les gens attendent, qu’ils donnent des concessions à l’employeur. On attend un juste retour des choses, mais ce n’est pas présent.
Alain Hamel est travailleur chez Kruger depuis 2004. Il juge l’augmentation de son salaire insuffisante. J’avais un quand même bon salaire, mais en 2021, je n’avais que 2 $/h de plus. Les conditions de travail, en 17 ans, n’ont pas bougé.

Alain Hamel est travailleur chez Kruger depuis 2004.
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé


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