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L'itinérance est un des thèmes principaux de la campagne électorale provinciale et, comme tous les citoyens, les personnes sans-abri ont le droit de voter. Toutefois, les principaux intéressés votent peu, même si des efforts sont faits pour tenter d'inverser la tendance à Chicoutimi.
Pour pouvoir voter, ces personnes doivent suivre une procédure un peu différente.
Vous comprendrez que quand on est dans la rue et que l'inquiétude c'est: "Qu'est-ce que je vais manger aujourd'hui?", ça devient très difficile de suivre la politique et d'être intéressé, a expliqué Éric Gagnon, directeur de scrutin de la circonscription de Chicoutimi.
Comme les personnes en situation d'itinérance n'ont pas d'adresse fixe, elles doivent obtenir la signature d'une personne-ressource dans un organisme communautaire reconnu.

Le directeur de scrutin de Chicoutimi, Éric Gagnon,
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Les organismes peuvent signer un formulaire qui déclare que cette adresse-là peut être utilisée temporairement pour des personnes qui seraient sans domicile fixe. Donc, ça nous permet à ce moment-là de leur attribuer un lieu pour aller voter, a poursuivi Éric Gagnon.
Un nouveau formulaire
Des efforts sont faits sur le terrain pour augmenter la participation aux élections. Le formulaire pour pouvoir voter est apparu au Service de travail de rue de Chicoutimi pour la première fois l'hiver dernier, lors de l'élection partielle du 25 février dernier.
Il est de retour pour cette nouvelle campagne électorale.
Mes intervenantes, depuis la semaine passée, vont à la rencontre des personnes en situation d'itinérance, leur présentent en fait le formulaire, leur présentent le fait qu'ils ont le droit de venir voter, puis on offre l'accompagnement pour les journées qui sont ciblées, qu'on a le droit d'y aller, a présenté Janick Meunier, directrice générale du Service de travail de rue de Chicoutimi.

Les campements de personnes en situation d'itinérance sont de plus en plus visibles dans certains secteurs de Saguenay.
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Quelques personnes ont signifié leur intention de se rendre aux urnes. Il s’agit d’une petite victoire pour Janick Meunier, qui estime que l'exercice est important.
Ça nous permet de faire de la sensibilisation auprès d'eux, d'essayer aussi de faire un peu d'éducation par rapport à tout ça. Là, on s'est relancé, on a rencontré des personnes, on essaie vraiment d'amener les personnes qui sont en situation d'itinérance à venir voter parce que leur parole est aussi importante que tout le monde, a-t-elle continué.
Janick Meunier espère que le prochain gouvernement va mettre en œuvre des solutions concrètes pour soutenir ces personnes vulnérables.
Pas assez de ressources, plaide une femme
Mélissa Dufour fait partie de ces personnes qui n’iront pas voter. Elle vient tout juste de quitter Québec pour revenir dans sa ville natale au début du mois.
J'habite un peu partout, raconte-t-elle.
À 49 ans, elle a passé la majorité de sa vie dans la rue. Moi, j'aime ma vie de nomade comme ça, poursuit-elle.

Mélissa Dufour vient de revenir dans la région après avoir vécu longtemps à Québec
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Mais, bien sûr, tout n'est pas toujours rose. Même si Mélissa Dufour dit avoir choisi l'itinérance, elle estime que les ressources sont insuffisantes pour aider les gens comme elle.
Elle trouve aussi que le système de transport en commun est plutôt inefficace à Saguenay.
Ce serait à revoir au complet. Deuxièmement, côté services aux femmes, il n’y en a vraiment pas assez, puis, troisièmement, ils pourraient peut-être mettre plus de travailleuses de rue dans les rues avec des expériences de vie, énumère-t-elle.


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