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Des défenseurs de la santé réclament une enquête sur le décès de donneurs de plasma

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Manitoba Health Coalition, une association provinciale de défense de droits en matière de santé, réclame qu’une enquête soit lancée sur la mort de deux personnes qui avaient donné du plasma dans des centres de dons à Winnipeg.

L’association souhaite également que la province interdise le don de plasma payé.

Les morts, survenues entre octobre 2025 et en janvier 2026, ont été signalées comme étant des circonstances qui ont eu lieu suite à des réactions adverses mortelles.

Rodiyat Alabede, âgée de 22 ans, est morte le 25 octobre dernier après avoir donné du plasma au centre de don de plasma de l’entreprise Grifols, avenue Taylor.

On dispose de peu d'information sur la deuxième personne, qui a fait son don dans un centre géré par la même entreprise, situé sur la promenade Innovation.

Ce sont là des événements vraiment troublants et tragiques a affirmé Noah Schulz, directeur régional du Manitoba Health Coalition, lors d’une conférence de presse tenue vendredi avec la Ontario Health Coalition.

J’aurais voulu être plus choqué que je ne le suis maintenant, a-t-il déploré. Il craint que les entreprises ne valorisent l’argent plus que la santé des donateurs.

Des pratiques sanitaires pas toujours à la hauteur

Les donneurs de plasma reçoivent des montants pouvant aller jusqu’à 100 $ pour chaque don, indique l'entreprise Grifols sur son site web, mais des montants peuvent aussi être offerts à ceux qui font des dons fréquents.

L’entreprise, établie en Espagne, dit n’avoir aucune raison de croire que les morts soient liées au don de plasma.

D’après des dossiers d'inspection de Santé Canada, aucune enquête approfondie par rapport aux erreurs et aux accidents n’a été menée et aucune mesure corrective ou préventive n’a été prise dans les deux succursales de Grifols à Winnipeg.

Les documents indiquent que la validation, l'étalonnage, le nettoyage ou l'entretien des équipements critiques n'étaient pas toujours suffisants dans l'un de ces centres.

Santé Canada a lancé une enquête sur les circonstances de ces deux morts.

Durant la conférence de presse de vendredi, la directrice générale de l'Ontario Health Coalition, Natalie Mehra, a également réclamé que le contrat établi entre le Centre canadien du sang et l’entreprise Grifols pour la collection de plasma soit dévoilé au public.

Que contient le contrat? Quelles sont les dispositions qui visent à protéger l'intérêt général?, a-t-elle dit, ajoutant qu’il faut que le public prenne connaissance des répercussions qui sont en place, quand les termes d’un tel contrat ne sont pas respectés.

Une pratique courante parmi les personnes vulnérables

Le président de l’Association étudiante de l’Université de Winnipeg, Alan Saji Koshy, craint que la pratique de vendre du plasma ne soit une manière commune, mais pas toujours sécuritaire, parmi les étudiants étrangers pour arrondir leurs fins de mois.

Les étudiants étrangers se tournent vers le don de plasma pour avoir de l’argent et faire face à l’inflation et au manque d’assurance maladie, soutient-il. Il dénonce notamment un manque de soutien pour les étudiants étrangers et réclame des mesures concrètes de la part du gouvernement provincial.

Contacté à ce sujet, le président de l’association étudiante de l’Université de Saint-Boniface a assuré qu'il n'était pas au courant de cas existants dans l’établissement.

Pour sa part, l’éthicien et avocat Michel T Giroux relève que le don rémunéré de plasma est un débat qui est présent depuis les origines de la pratique.

Il ajoute que les personnes défavorisées sont plus susceptibles d'y recourir. Les personnes qui sont moins favorisées sur le plan socioéconomique peuvent prendre des risques avec des organes ou des parties de leur corps pour obtenir des rémunérations, explique l’avocat.

La décision du médecin légiste en chef se fait attendre

Le médecin légiste en chef du Manitoba pourrait mener une telle enquête, s’il juge que le dévoilement de telles informations est bénéfique pour le public.

À la suite de l'enquête, un juge provincial ferait alors des recommandations pour éviter d'autres morts similaires.

Le Bureau du médecin légiste en chef du Manitoba n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de CBC/Radio-Canada et n’a pas indiqué s’il compte mener une telle enquête.

De son côté, Uzoma Asagwara, ministre de la Santé du Manitoba, dit attendre impatiemment les résultats de l’enquête menée par Santé Canada.

Avec des informations de Kristin Annable et de Cédrick Noufele

Une personne assise donnant du plasma.

5:56

Une personne donne du plasma dans le cadre de Plasmattaque.

Photo : Radio-Canada / Eric Carbonneau

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