C’est un périple invisible aux communs des mortels. Chaque année, plus de 66 millions de tonnes de marchandises sont transportées sur le réseau ferroviaire suisse. Si près de la moitié de ce volume transite à travers les Alpes, empruntant le tunnel du Saint-Gothard ou celui du Lötschberg, les chemins de fer de l’ensemble du pays sont mis à contribution. Charbon, minerais, matériaux de construction, denrées agricoles, produits chimiques et pharmaceutiques: toutes sortes de produits sont acheminés par rail, y compris… des déchets. Cette filière très particulière se déploie notamment dans la région lausannoise sans que grand monde, là non plus, en ait véritablement conscience.
Il est 10h04, en cette matinée caniculaire de juillet, au bord des voies de la gare de Sébeillon, localisée à mi-chemin entre celles de Lausanne et Renens, les deux «jumelles». C’est justement de la cadette, station en plein boom depuis quelques années, que provient le convoi qui fait son apparition à cet instant aux abords de la friche urbaine, dont les halles officiaient à l’époque comme entrepôts pour les douanes. «Les wagons sont arrivés hier soir à Renens de diverses provenances et le train a été préformé ce matin», explique, Pascal Götz. Chemise à carreaux et regard affable, l’homme est un habitué du parcours. Il est chargé de la logistique au sein du bureau romand d’ACTS, une entreprise de services de transport combiné rail-route.


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