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Des consommateurs changent leurs habitudes devant le prix de l’essence

2 month_ago 11

         

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La montée du prix de l’essence pousse des Néo-Brunswickois à changer leurs habitudes de consommation. Si plusieurs n’ont d’autre choix que d'utiliser leur voiture, d’autres réduisent leurs déplacements en espérant que le prix diminue bientôt.

À Campbellton, le prix de l’essence fait jaser. La propriétaire de la station-service Ultramar Ramsay, Suzanne Landry, reçoit des commentaires de la part de consommateurs découragés tous les jours.

Tous les clients qui rentrent au dépanneur, tous, ils disent tous que ça n'a pas de bon sang.

Plusieurs clients du Québec

Sa clientèle est majoritairement composée de travailleurs ces jours-ci, qui n’ont pas le choix de se déplacer. Elle remarque aussi que de nombreux Québécois viennent s'approvisionner en essence, car le prix du litre est moins cher au Nouveau-Brunswick.

Beaucoup. On en a beaucoup de Pointe-à-la-Croix, on en a de Carleton, on en a de New Richmond, on a de la Gaspésie, on en a de partout. Ils viennent parce qu’ils disent que ça vaut la peine de faire le détour, précise-t-elle.

Le pont J. C. Van Horne.

Plusieurs résidents du Québec traversent le pont J.-C. Van Horne à Campbellton pour venir faire le plein, affirme une propriétaire de station-service. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Ce dépanneur offre le service de pompiste pour faire le plein d’essence. Suzanne Landry n’a pas l’intention de se départir de ce service même si le prix du carburant est en hausse, car il est reconnu dans la région.

Toutefois, l’impact pourrait se faire sentir dans les autres produits qu’elle vend.

Si ça n’arrête pas d’augmenter, va falloir que j’augmente tous les prix que j’ai au dépanneur, mes chocolats, ma gomme, mes chips, toutes ces choses-là, j’aurais pas le choix.

On reste à la maison

Mardi, le prix maximum d’un litre d’essence ordinaire est de 1,82 $ au Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’une augmentation d’environ 40 cents le litre depuis le 5 mars.

À la pompe, cette hausse fait sursauter.

Je pense que c’est ridicule, c’est vraiment trop haut et ça monte à mesure. Le monde va avoir beaucoup de misère cette année, dit Diane McNeil de Pokesudie.

Une femme à la pompe d'une station-service en entrevue.

7:26

Diane McNeil croit que plusieurs personnes auront de la difficulté à rejoindre les deux bouts devant la montée du prix de l'essence.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs clients rencontrés au hasard disent qu’ils y pensent à deux fois avant d’utiliser leur voiture.

Un peu oui, on essaie de moins voyager, on essaie de faire plus attention, explique Yannick Gionet de Caraquet.

Un  homme en entrevue devant son véhicule.

Yannick Gionet tente de réduire ses déplacements en raison du prix du litre d'essence.

Photo : Radio-Canada

Disons qu’on essaie de minimiser un peu les trajets pour essayer de sauver un peu, ajoute Stéphane Chiasson de Saint-Simon.

Ça n’a pas d’allure. On ne bouge plus. On reste à la maison.

À Edmundston, Rinaldo Durosier essaie d’évaluer d’autres options pour se rendre au travail.

Il n’y a pas de promenade, là. On peut pas se promener pour rien maintenant.

Un homme souriant, un véhicule derrière lui.

Rinaldo Durosier croit qu'il faut revoir ses habitudes de consommation devant le prix de l'essence.

Photo : Radio-Canada

Florent Roy revient d’un voyage à Montréal. Une fois rentré chez lui en Nouvelle-Écosse, il ne compte pas voyager à nouveau de si tôt.

Ça va changer définitivement la façon que je voyage, mon budget, il va falloir que je prenne ça pas mal plus aisé, soutient-il.

Pas d’autre choix

D’autres consommateurs disent n’avoir d’autres choix que de se déplacer, surtout pour le travail et dans des régions où les services de transports en commun sont limités.

Ça ne nous appartient pas cette guerre-là. Faut que je mette du gaz pareil, explique Pierre Roussel de Shippagan.

Certains redoutent aussi l’impact sur d’autres produits de consommation.

Un homme en entrevue devant un commerce.

Yvon Lanteigne croit que le prix du litre d'essence fera aussi augmenter le prix de l'épicerie.

Photo : Radio-Canada

Ça aggrave tout en réalité, la grocery, le transport, tout le monde y goûte. C’est dans un temps d’incertitude, c’est pas un bon temps, mais faut vivre avec. Pas grand-chose qu’on peut faire, se résigne Yvon Lanteigne.

Un répit à venir?

Le prix de l’essence est un impact direct du conflit au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, artère importante pour le marché pétrolier, a été presque complètement bloqué par l’Iran.

Toutefois, une lueur d’espoir est survenue lundi lorsque le président américain Donald Trump a évoqué des négociations avec l’Iran.

Portrait de biais du professeur de physique et auteur Normand Mousseau.

Normand Mousseau, directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier et professeur de physique à l’Université de Montréal. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Normand Mousseau, directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier et professeur de physique à l’Université de Montréal, croit que cela aura un impact sur le prix à la pompe qui pourrait diminuer prochainement.

On va le voir dans quelques jours, c’est assez rapide normalement.

Il ajoute que le Canada exporte 4 millions de barils de pétrole par jour. Mais dans un marché où les prix sont mondialisés, le pays n’a d’autre choix que de suivre le marché, ce qui explique le prix à la pompe chez nous.

Un pétrole vaut l’autre, sur papier à tout le moins, ce qui fait que les prix sont relativement uniformes.

Des gros navires pétroliers sur l'eau, photographiés de loin, sous un ciel voilé.

Des navires de marchandises dans le golfe Persique, près du détroit d'Ormuz, photographiés le 11 mars 2026 à partir de Ras el Khaïmah, aux Émirats arabes unis.

Photo : Reuters

Il précise toutefois que la situation n’est pas catastrophique, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Le prix du baril de pétrole se situe au même prix qu’il y a environ sept ans. On n'est pas dans des sommets astronomiques.

Ce qui laisse supposer que, les spéculateurs sont assez confiants qu’on va trouver une solution de sortie, dit-il. Moi je crois quand même que jamais on n’a cru à une pénurie majeure, on n’est pas encore là.

Avec les informations de Réal Fradette, Allyson Dubé et des émission La matinale et Le téléjournal Acadie

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