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Des concombres de mer sèment l’espoir d’une pêche commerciale à Sanikiluaq, au Nunavut

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Les résultats de recherches scientifiques permettent à la population de Sanikiluaq, au Nunavut, d'envisager la possibilité d’une pêche commerciale de concombres de mer.

Le responsable de l’Association des chasseurs et trappeurs de Sanikiluaq, Lucassie Arraguatainaq, affirme que, pendant longtemps, les jeunes concombres de mer ont fait partie de l'alimentation des résidents de sa communauté.

Il ajoute que, cru ou rôti, c’est un goût unique : Un peu croquant et salé. C’est bon!

Un portrait de Lucassie Arragutainaq.

Selon Lucassie Arragutainaq, les habitants de Sanikiluaq consomment les jeunes concombres de mer.

Photo : CBC / Liny Lamberink

Les créatures matures pourraient être commercialisées en Chine ou au Japon.

La collectivité est engagée depuis une douzaine d’années dans un projet d’aquaculture de pétoncles. Elle souhaitait également introduire une deuxième espèce dans le projet de pêche commerciale.

En 2018, les responsables ont invité des experts de l’Université Memorial de Terre-Neuve à étudier la population de Cucumaria frondosa, communément appelé holothurie touffue.

L’année suivante, grâce à des guides locaux, la professeure de sciences océaniques Annie Mercier et son équipe ont découvert une population comptant des milliards d’individus près de Sanikiluaq.

Selon Lucassie Arraguatainaq, la communauté l’ignorait complètement.

Annie Mercier et Joséphine Pierrat à bord d'un navire de recherche.

Annie Mercier et Joséphine Pierrait sont membres de l’équipe qui étudie depuis plusieurs années la population des holothuries près de Sanikiluaq. Les voici à bord d’un navire de recherche en 2024.

Photo : Fournie par Joséphine Pierrat

On était absolument ravis, s’exclame la chercheuse, soulignant qu’il y a plus de 1800 espèces différentes d’holothuries. Cependant, les nourriceries sont difficiles à trouver et il existe peu d’information à leur sujet.

En 2023, l’équipe responsable de la découverte a publié un article (en anglais) dans la revue scientifique Polar Science (nouvelle fenêtre). Elle avance qu’il s’agit de la première découverte d’une nourricerie de l’holothurie touffue.

Annie Mercier décrit la nourricerie comme immense, s’étendant le long de la côte de l’archipel des îles Belcher à une profondeur de 1 à 3 mètres.

[La découverte] nous a ouvert plusieurs pistes d’enquête, soutient-elle. Nous étions très heureux, car en observant les bébés, on peut déterminer leur vitesse de croissance, leur migration et les changements dans leur comportement. Ces informations sont utiles pour la gestion de l’espèce.

Un projet de longue haleine

L’équipe d'Annie Mercier retourne régulièrement à Sanikiluaq depuis la découverte pour poursuivre ses recherches.

En septembre, une chercheuse au postdoctorat, Joséphine Pierrat, se trouvait au centre Qikiqtait, où elle analysait des échantillons prélevés quelques jours plus tôt.

Elle a soulevé une pierre recouverte de petits points roses.

Ce sont de bébés concombres de mer qui ont moins de quatre mois, précise-t-elle.

Un portrait de Joséphine Pierrat, qui tient une pierre.

Joséphine PIerrat est une chercheuse au postdoctorat à l'Université Memorial de Terre-Neuve. Elle tient une pierre sur laquelle sont accrochés de minuscules bébés holothuries.

Photo : CBC / Liny Lamberink

Les plus grands spécimens sont soumis à des mesures, à des pesées et, dans certains cas, à des dissections. Toutes ces données sont ensuite transmises à l’Association des chasseurs et trappeurs, qui peut les utiliser pour appuyer sa demande auprès de Pêches et Océans Canada.

Si la collectivité opte pour l’introduction de la pêche commerciale des concombres de mer, Lucassie Arragutainaq s’attend à ce que l’autorisation du ministère s’étale sur plusieurs années.

Cela va prendre longtemps en raison de toutes les régulations.

Une image montrant un minuscule concombre de mer près du bord d’un seau.

Une holothurie juvénile près du bord d'un seau rempli de roches, de moules et d’autres créatures marines. Selon les chercheurs, la possibilité de suivre l’évolution des animaux permet une meilleure gestion des populations.

Photo : CBC / Liny Lamberink

Ce délai n’est pas forcément négatif, estime Annie Mercier. Selon elle, plusieurs pêcheries de concombres de mer à travers le monde sont fortement surexploitées et ne sont pas durables.

Lucassie  Arraguatainaq y voit une occasion de créer des emplois dans sa communauté.

C’est nouveau. Donc, nous allons devoir apprendre, mais c’est prometteur, car c’est une source de nourriture.

D'après un article (nouvelle fenêtre) de Liny Lamberink

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