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Le fonds d'urgence de 28 millions de dollars débloqué par Québec pour contrer la crise de l'itinérance est une bonne nouvelle pour le milieu communautaire, mais les organismes estiment que le gouvernement doit le répartir de façon cohérente avec les priorités régionales.
Cette aide ponctuelle permettra d'ajouter plus de 1000 places d'urgence supplémentaires au Québec dans les cinq prochains mois. L'Estrie touchera une somme supplémentaire de près de 253 000 dollars.
Les besoins ne sont pas les mêmes d'une ville à l'autre, selon le directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge. C’est d’autant plus le cas lorsqu’on compare les régions et les grandes villes.
À Sherbrooke, par exemple, ce n'est pas nécessaire d'ajouter des places dans les hébergements d'urgence, puisque les personnes qui ont besoin d'une place y ont généralement accès rapidement, affirme M. Laberge.
La première ligne est somme toute en très bonne position. On est beaucoup plus sur des solutions axées sur la sortie de rue que pour répondre à l'urgence.

Le directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur
Le milieu communautaire voudrait aussi que Québec pérennise les sommes investies dans le domaine de l'itinérance. La présidente de la Table itinérance de Sherbrooke accueille cette aide d'urgence, mais soutient qu’elle ne résoudra pas la crise, qui est très complexe. Andréa Verreault croit qu'il faut s'attaquer notamment à la crise du logement, aux enjeux de santé mentale et à la toxicomanie.
Des mesures d'urgence, on l'a vu depuis plusieurs années, c'est comme un “plaster”, mais ça ne règle pas la crise.
En itinérance, la clé, c'est la cohérence, la stabilité, la prévisibilité et la pérennité, déclare la présidente.
La mairesse de Granby, Julie Bourdon, abonde dans le même sens que Mme Verreault. C'est un bon premier pas. Effectivement, c'est un “plaster”, mais il faut commencer quelque part si on veut y arriver.
L’offre de services en itinérance sera d’ailleurs bonifiée à compter du 29 octobre à Granby. Quatre organismes de la région se sont alliés pour ouvrir de nouvelles ressources, à quelques semaines de l’hiver et quelques semaines après la fermeture du Partage Notre-Dame.

Julie Bourdon est la mairesse de Granby. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles Ferron
Ce qu'on souhaite, c'est que l'argent puisse descendre rapidement dans les régions.
Plusieurs espèrent que le sommet sur l'itinérance prévu en 2027 permettra d'établir des priorités à plus long terme pour contrer la crise.


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