Les chercheurs d’une société étasunienne ont dernièrement réussi une prouesse inédite, à savoir bio-imprimer des tissus rénal et hépatique dans l’espace, entre autres. Cette mission historique à bord de l’ISS pourrait bien dessiner les contours de la médecine régénérative au sein des futures stations spatiales privées. Quelles sont les applications concrètes de ce projet de recherche ?
De réelles perspectives pour la médecine régénérative dans l’espace
Comme le révélait un communiqué officiel du 9 juillet 2026, l’entreprise étasunienne Auxilium Biotechnologies a réussi à bio-imprimer du tissu rénal et hépatique dans l’espace pour la première fois. Cette expérience a été réalisée à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), dans le cadre du projet de recherche AXLM-3. L’objectif ? Progresser vers la production de produits biomédicaux en orbite.
« La bio-impression réussie de tissus hépatiques et rénaux vivants à bord de la Station spatiale internationale marque une avancée importante pour la médecine régénérative. La répartition cellulaire uniforme obtenue à bord de la station spatiale ouvre de réelles perspectives pour la fabrication de dispositifs médicaux et de tissus dans l’espace. », a déclaré Anthony Atal, directeur Institut de médecine régénérative de Wake Forest, partenaire d’Auxilium Biotechnologies.
Rappelons au passage que le tissu rénal est l’ensemble de cellules spécialisées composant les reins. Leur fonction principale est de servir de centrale de filtration pour le corps. En ce qui concerne le tissu hépatique, il s’agit de l’ensemble des cellules spécialisées composant le foie. Cet ensemble n’est autre que l’usine chimique et le centre de détoxification le plus important de l’organisme.
Une bio-imprimante orbitale révolutionnaire
Les chercheurs ont assuré l’impression des tissus à l’aide de la bio-imprimante orbitale AMP-1. Cette dernière a la particularité de savoir fabriquer simultanément des produits très différents. Il est donc question de tissus mous – comme les tissus rénal et hépatique – mais également, de tissus structurels de type cartilage. La machine peut aussi produire des dispositifs biomédicaux synthétiques solides comme des implants de réparation nerveuse.
Il faut savoir que l’imprimante dispose d’un système de cartouches interchangeables. Ainsi, pour passer par exemple de la fabrication d’un implant nerveux à l’impression d’un morceau de foie, il suffit de changer la cartouche de matériau de base – une bio-encre à base de polyéthylène glycol (PEG) – dans l’appareil. D’ailleurs, ces mêmes cartouches sont extrêmement légères, offrant potentiellement l’occasion de réduire considérablement les coûts de transport lors des missions de ravitaillement vers l’espace. Précisons également que chaque session d’impression nécessite moins d’une minute d’intervention humaine. La machine est donc très rentable, dans la mesure où le temps de travail des astronautes dans l’espace est l’une des ressources les plus chères de la recherche spatiale.
Dans le cadre du projet AXLM-3, l’imprimante orbitale AMP-1 a prouvé cette polyvalence avec la fabrication des tissus mous évoqués précédemment, du tissu cartilagineux, ainsi que 28 implants se destinant à la réparation nerveuse. Il s’agit de la toute première fois qu’un seul appareil autonome fabrique autant de types de tissus différents lors d’un unique vol spatial. Il faut dire que jusqu’à aujourd’hui, les instruments de bio-impression envoyés dans l’espace étaient très spécialisés au point d’être limités à un seul type d’impression par mission.
Crédit : Auxilium Biotechnologies
Les prochaines étapes du projet
A court terme, l’objectif n’est pas de transplanter des organes entiers, en tout cas pas encore. Il s’agira dans un premier temps de fabriquer des miniatures d’organes fonctionnels (organoïdes). Ces derniers serviront de modèles pour étudier certaines maladies et tester de nouveaux médicaments, sans dépendre des chaînes d’approvisionnement terrestres.
Sur le long terme, ces travaux ouvrent potentiellement la voie à l’apparition de laboratoires biomédicaux commerciaux dans l’espace. Auxilium Biotechnologies travaille déjà avec les deux projets de stations spatiales privées Vast et Starlab. Or, si rien n’est définitif pour l’instant, ces projets ont vocation à remplacer l’ISS au cours de la décennie 2030.


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