Dans le cadre d’une récente étude, des scientifiques ont évalué les possibles bénéfices de l’usage des montres connectées chez certaines personnes atteinte du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et consommant du cannabis. L’objectif était de comprendre si ces dispositifs peuvent ou non aider à détecter la présence des symptômes et à anticiper leur aggravation.
Une étude auprès de vétérans de l’US Army
Pour rappel, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) désigne un ensemble de réactions survenant après une exposition directe ou indirecte à un ou plusieurs événements traumatiques. Les symptômes sont les suivants : récurrence involontaire et intense de souvenirs, pensées, images ou sensations, stratégies d’évitement de lieux ou de personnes pouvant engendrer des souvenirs, impression d’absence, déni et perte partielle de mémoire en lien avec l’événement (amnésie traumatique).
Aux Etats-Unis, certaines personnes – faisant ou non l’objet d’un suivi psychologique – ont recours au cannabis pour tenter de gérer les symptômes du SSPT, notamment les vétérans de l’armée. Aussi, il faut savoir que les troubles liés à l’usage du cannabis (TUC) ont augmenté avec le temps – et la disponibilité accrue du produit – chez ce type de personnes. Pourtant, certaines chercheurs estiment que le cannabis pourrait maintenir ces symptômes et même exacerber leur intensité. Or, détecter la présence des symptômes et anticiper leur aggravation est loin d’être chose aisée, au regard de la complexité des interactions entre le SSPT et le TUC mais également, du fait du manque d’outils prédictifs.
Daniel Leightley est membre de l’UK Military Research Group du King’s College de Londres (Royaume-Uni). L’intéressé a travaillé avec des psychiatres et des ingénieurs étasuniens afin de répondre à la question suivante : les technologies mobiles et portables telles que les montres connectées peuvent t-elles aider à améliorer la prédiction des symptômes et permettre aux professionnels de santé de réagir rapidement ? Les résultats ont fait l’objet d’une publication dans la revue Plos One le 29 mars 2026.
Crédit : Cunaplus_M.Faba / iStock
Des résultats encourageants mais pas définitifs
Aujourd’hui, certains dispositifs Fitbit et autres montres Apple embarquent des capteurs récoltant une foule d’informations. Dans le cadre de l’étude, 74 vétérans étasuniens récemment démobilisés ont porté un dispositif connecté 24h/24 et 7j/7 et rempli quotidiennement un questionnaire. L’objectif ? Comprendre comment l’utilisation de données en temps réel – collectées via un dispositif connecté et des questionnaires – pourrait faciliter l’orientation des personnes souffrant de SSPT vers des spécialistes de la santé mentale et ce, tout en luttant contre les abus relatifs à la consommation de cannabis.
Le temps de l’étude, les volontaires devaient renseigner leur humeur, leur niveau de stress, ainsi que leurs contacts sociaux via une application mobile dédiée, créée par Daniel Leightley. En parallèle, leur montre connectée enregistrait automatiquement leur fréquence cardiaque, leur activité physique ainsi que leur sommeil, des informations ensuite traitées par intelligence artificielle.
Selon les résultats, 91,9% des participants ont fourni des informations via le questionnaire et ce, sur environ 70% de la durée de l’étude, des taux exceptionnels dans le cadre de ce type de travaux. Ainsi, bien que la disponibilité des données obtenues via le dispositif connecté reste variable, le potentiel d’une combinaison entre ces deux types de données (questionnaire + dispositif connecté) est bien réel. Cependant, davantage de recherches sont nécessaires pour affiner ces résultats et potentiellement, influer sur les futures stratégies d’engagement à long terme et les applications cliniques des appareils portables connectés pour améliorer la santé des vétérans atteint de SSPT, qui plus est ceux présentant simultanément des troubles liés à l’usage du cannabis.


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